Muséum d'histoire naturelle, Genève
Offenes Verfahren
22 Rue de Villereuse, 1207 Genève
Publikationsdatum
18.01.2018
Auftraggeber
Ville de Genève
Galerie
Auftraggeber & Jury
Fachrichter
- Sara Martin Camara (architecte ETSAS-SIA, FRES Architectes, Genève),
- Philippe Meylan (architecte EPFL, directeur de la direction du patrimoine bâti, Ville de Genève),
- Benoit Jallon (architecte DPLG, bureau LAN, Paris),
- Carlos Viladoms (architecte EPFL, bureau FHV, Lausanne),
- Luca Selva (architecte ETHZ, bureau Selva, Bâle),
- Stefano Ciurlo Walker (architecte MA DipArch COAG SIA, ESTAR, Saint-Jacques-de-Compostelle, Espagne),
Sachrichter
- Martine Koelliker (directrice adjointe du département de la culture et des sports, Ville de Genève),
- Jacques Ayer (géologue, muséologue et directeur du Musée d’histoire naturelle de Genève, Ville de Genève),
- Christoph Beer (docteur en géologie et directeur du Naturhistorisches Museum der Burgergemeinde Bern, Berne),
- Philippe Beuchat (conseiller en conservation du patrimoine architectural, Ville de Genève),
Wettbewerbsresultat
Le bureau zurichois MAK architecture a convaincu le jury par la pureté et la compacité de son projet ainsi que par sa rationalité basée sur une structure porteuse modulaire et évolutive.
Objectifs du Concours et résumé du programme
La Ville de Genève entend résoudre le développement du Muséum à venir, en:
- sécurisant les bâtiments existants par le déplacement des collections dangereuses conservées dans l’alcool;
- préservant la substance patrimoniale des collections existantes et futures par le déplacement de certaines collections d’invertébrés conservées à sec;
- anticipant le développement futur à 50 ans des collections par l’intégration de l’accroissement de celles-ci dans les surfaces de stockage;
- réaménageant les espaces libérés pour améliorer et rendre plus performant l’outil de travail des scientifiques et du personnel;
- optimisant certains espaces pour l’accueil des visiteurs;
- mettant à niveau le Muséum en termes techniques et de sécurité.
Un nouveau bâtiment: Le nouveau bâtiment est destiné à toutes les collections conservées dans l’alcool afin de répondre aux exigences de l’OPAM. Il est aussi destiné à une partie des collections d’invertébrés conservés à sec (entomologie et arthropodes), spécimens de petite taille et très sensibles aux attaques d’autres insectes qualifiés de ravageurs.
Un réaménagement des bâtiments scientifique et d’exposition existants: Le déplacement des collections concernées va libérer des espaces dans les bâtiments scientifique et d’exposition et devra:
- répondre aux mesures demandées dans le rapport de l’OPAM avec une séparation nette entre les activités liées au public (bâtiment d’exposition), scientifiques (bâtiment scientifique) et fonctionnelles;
- regrouper le personnel actuellement dispersé sur plusieurs sites internes et externes (comme Malagnou 15, Musée d’Histoire des Sciences et Muséum avec les bâtiments scientifique et d’exposition);
- créer des espaces d’accueil des publics (réception, loge, hall, vestiaires, sanitaires, médiathèque,...).
Recommandations du jury
Le jury recommande au maître de l’ouvrage d’attribuer le mandat d’étude et de réalisation du projet au bureau auteur du projet «Ambre».
Dans le cadre du développement du projet, le jury souligne que le projet doit évoluer en veillant à conserver les éléments qualitatifs qui ont prévalu à la désignation comme projet lauréat, notamment le caractère abstrait de sa construction et la qualité de sa peau extérieure.
Les points suivants doivent en particulier être développés:
- le réfectoire proposé dans l’espace de circulation d’accès à’extension doit être déplacé vers un emplacement hors circulation afin de limiter les risques de contamination des spécimens déplacés lors du travail quotidien des scientifiques;
- l’éclairage naturel des salles de consultation à travers la peau translucide est à discuter avec les utilisateurs, et des solutions doivent être trouvées pour garantir la correcte fonctionnalité de ces espaces;
- les circulations verticales doivent faire l’objet d’un équilibrage et d’un réglage précis;
- les surfaces de stockage prévues pour les collections devront être soigneusement vérifiées avec les utilisateurs.
Les membres du jury informent qu’ils se tiennent à disposition des utilisateurs et du maître de l’ouvrage pour les accompagner dans le processus de mise en route et développement du projet.
Critiques des projets (extraits du rapport du jury)
1er rang – 1er prix: «Ambre», MAK architecture, Zurich
Le projet propose un volume pur et compact, qui complète avec une certaine évidence la composition existante de bâtiments connectés par une articulation centrale. La dimension et l’orientation du volume sont précises et aboutissent à un ensemble équilibré, tant d’un point de vue urbain que paysagé. Grâce à sa troisième pièce, l’ensemble offre une nouvelle façade depuis la rue de Villereuse et requalifie la partie nord du parc. Cette façade sera renforcée par un probable flux accru de visiteurs arrivant par la rue de Villereuse et l’ouverture future de la nouvelle Gare des Eaux-Vives.
Les collections sont organisées dans un volume au plan rationnel, basé sur une structure porteuse modulaire, adaptable aux évolutions futures des collections. Les circulations proposent des parcours clairs et qualitatifs, à travers des espaces généreux, qui pivotent autour du noyau vertical. La connexion aux bâtiments scientifique et d’exposition se réalise de façon efficace par un espace charnière, qui vient renforcer le dispositif existant.
La matérialité en marbre et son jeu de peau translucide qui évolue au l du temps expriment bien le caractère précieux et vivant des collections qui sont abritées à l’intérieur. Le traitement abstrait et atemporel de la façade permet un dialogue serein avec les bâtiments existants, tout en affirmant avec élégance une identité singulière.
La relation intérieur/extérieur propose une double lecture: les circulations, baignées de lumière le jour, jouent le rôle de lanterne le soir ; le bâtiment acquiert ainsi l’image d’un objet animé, qui suggère sans laisser voir, les richesses qu’il protège.
La réorganisation proposée dans le bâtiment d’exposition apporte des qualités nouvelles par des interventions précises et bien ciblées, qui clarifient les espaces en déplaçant un minimum les usages actuels, dans un souci d’efficacité et d’économie de moyens. Un développement plus approfondi dans le bâtiment existant devra se développer en collaboration étroite avec les utilisateurs et le maître de l’ouvrage.
2e rang – 2e prix: «Carafon», Joud Vergely Beaudoin Architectes, Lausanne
Le projet propose un nouveau volume détaché de l’ensemble des bâtiments du musée. Les collections d’alcool sont contenues dans une émergence en forme de «silo» de proportion évidemment verticale. Cette stratégie d’implantation parvient à établir une relation claire non seulement avec les bâtiments existants du musée, mais aussi avec les autres bâtiments du parc, en raison de son empreinte réduite et de sa présence abstraite et sculpturale.
Le nouveau volume donne une forme visible aux collections, faisant ainsi partie de l’identité du musée. Simple et abstrait, celui-ci est conçu comme un solide volume de béton. Il est perforé à sa base sous la forme d’une «frise» qui expose le travail des chercheurs dans le parc.
La stratégie spatiale et structurelle de la nouvelle extension est une expression claire du contenu des collections. La proportion du volume découle des contraintes techniques dues aux subdivisions des collections; établissant ainsi une relation forte entre la forme du contenant et du contenu stocké.
Le lien entre le bâtiment scientifique et la nouvelle extension est soigneusement étudié. La connexion horizontale est réalisée par le biais d’un socle souterrain qui abrite également les collections sèches. Celles-ci sont distribuées par un couloir central efficace. La connexion verticale est maintenue par un noyau vertical modifié, avec un escalier et un ascenseur à l’est du bâtiment scientifique.
Les interventions sur le bâtiment d’exposition existant suivent également la même stratégie attentive mise en œuvre pour la nouvelle extension. Des modifications simples et précises permettent au bâtiment de mieux fonctionner, sans altérer sa structure, ni son intégrité spatiale.
3e rang – 3e prix: «Compactum», urbanité(s), Genève
Le projet est pragmatique, discret et bien résolu, et utilise le parvis du bâtiment scientifique. Il offre une solution efficace en utilisant l’espace du parking tout en offrant une solution pour la liaison piétonne, entre la partie basse et la partie haute du site.
Le système de distribution fonctionne bien et assure la connexion avec le bâtiment scientifique à tous les étages. Le projet s’avère compact au niveau de sa disposition qui présente trois niveaux de stockage superposés en sous-sol et un niveau en émergence. Il est relié avec le bâtiment scientifique, qui accueille les salles de consultation et les chambres d’hôtes éclairées par la lumière du jour. Les salles de consultation bénéficient d’un second jour relativement réduit, dû à leur position en retrait derrière le couloir d’accès. Le bâtiment présente, dans sa façade principale, une fonction utilitaire liée au stationnement des deux roues. Ceci n’est pas de nature à valoriser sa destination. L’effort d’intégration consenti pour limiter l’impact du bâtiment est un inconvénient pour la lisibilité de l’intervention.
Le bâtiment respecte tous les critères de sécurité liés aux collections et assure un compartimentage adéquat entre celles en alcool et les sèches ; la disposition prévue permettant d’éviter les risques de contamination.
Le projet répond aux besoins exprimés dans le programme. La boutique est localisée dans une position adéquate, visible depuis la rue. La disposition du plan souffre cependant de quelques maladresses.
4e rang – 4e prix: «Cyrano», nuvolaB architetti associati, Florence
Le projet propose de modifier la topographie du parc a n d’entreposer les collections déplacées. Cette implantation paysagère à proximité immédiate du bâtiment scientifique dégage une cour qui met en relation visuelle et fonctionnelle les scientifiques Set les collections. Elle permet également d’éclairer naturellement la circulation et les locaux de consultation.
Le projet se compose d’un volume horizontal discret et d’un volume vertical affirmé. Le premier est enterré et perçu tel un mur de soutènement tandis que le deuxième est perçu comme un signe distinctif. Le rapport entre ce dernier et le bâtiment existant perturbe la lecture de la volonté de l’implantation. Le jury doute également que cet élément puisse accueillir un nouvel accès. Le verre et le métal sont les matériaux utilisés en façade. Le jury s’interroge sur l’adéquation de ce choix de matériaux pour ce type d’intervention.
La disposition des collections est pragmatique, rationnelle et d’une très grande accessibilité. Les salles de consultation ainsi que la circulation sont lumineuses. Les parcours sont courts et de qualité. Le jury a particulièrement apprécié le fonctionnement du projet.
L’intervention dans le bâtiment d’exposition apporte peu de qualités nouvelles. Contrairement à l’extension des collections, le fonctionnement proposé manque d’audace et de clarté. L’accessibilité aux vestiaires et aux toilettes est inadéquate et difficile.
5e rang – 5e prix: «MOI L.U.C.A.», Christian Dupraz Architectes, Genève
Le projet propose d’entreposer l’ensemble des collections dans un objet silencieux, implanté habilement à la croisée des deux bâtiments existants. Cette implantation permet à la fois de requalifier la terrasse haute du musée, en y proposant un vaste espace minéral connecté à la nouvelle cafétéria, et d’afficher une nouvelle façade urbaine sur la rue de Villereuse. Le jury peut regretter l’absence de la perspective depuis cette rue, qui s’avère fondamentale dans la lecture de l’objet, a n de mieux appréhender son rôle urbain.
A travers une composition plastique intéressante, l’objet se défragmente en quatre entités re étant des intentions programmatiques intérieures. Le travail n sur les façades, sur la proportion des ouvertures, sur l’utilisation de la pierre en parement extérieur (dont les épaisseurs varient en fonction de la transparence recherchée) fait de cet objet un monolithe quasi muet qui, in ne, suggère plus l’autonomie par rapport à l’existant, qu’un ensemble cohérent et symbiotique avec les bâtiments scientifique et public.
Les connections de la nouvelle extension à l’existant sont identifiables, très praticables et lumineuses. Le jury est plus réservé sur la présence de l’escalier hélicoïdal monumental (rappelant la grande trémie circulaire de la partie exposition) d’autant plus qu’il est très consommateur d’espace dans ce projet, et qu’il ne répond que partiellement au programme de surfaces pour les collections.
L’idée de transformer les bureaux du rez-de-chaussée en une nouvelle cafétéria et boutique, le tout s’ouvrant sur la nouvelle terrasse minérale, a plu au jury. Concevoir ce nouvel espace généreux, indépendant du reste du musée est une idée attirante pour tout exploitant. Le hall d’accueil devient ainsi plus épuré, mais reste assez sombre du fait de la nouvelle implantation des vestiaires publics le long de la façade pourvue de lumière naturelle.
6e rang – 6e prix: «Nature Morte», Aita Flury Architektin Zurich
Le volume de l’extension est placé à l’articulation des deux bâtiments public et scientifique, légèrement détaché. Le gabarit du nouveau bâtiment de cinq niveaux s’aligne sur la corniche de l’aile basse. Son positionnement délimite clairement une zone publique et son parc au sud-ouest, et la zone d’exploitation existante, dessinée par le parking actuel au nord de la parcelle. Le jury apprécie ce principe de positionnement clair.
La construction est compacte et minérale. Elle se décompose en trois faces distinctes dont les calepinages de façades reprennent les principes de compositions des élévations existantes tout en assumant des rythmes distincts des plaques de marbre de référence.
Ce langage moderne donne au projet une image de continuité historique cohérente et élégante.
La façade nord-est est vitrée sur les couloirs de circulation d’accès aux locaux de stockages. Cette face transparente glisse sur le pignon du volume scientifique auquel il est relié par un nouvel escalier.
Tout en reconnaissant l’efficacité du dispositif, le jury regrette que la lecture de l’enveloppe depuis l’espace public donne à ce projet une image un peu austère.
Le rez-de-chaussée sur cour généreusement vitré et en léger retrait s’ouvre sur les différents espaces de salles de tri, de travail et de consultation.
Les raccords entre l’existant et la nouvelle annexe sont bien réglés et les circulations verticales et horizontales sont fonctionnelles et lumineuses. L’organisation des locaux de dépôts est correcte et rationnelle. Au décompte, il ressort toutefois que leurs surfaces sont inférieures aux demandes du programme.
Le jury relève l’important travail effectué dans le but d’améliorer les circulations verticales du bâtiment public. Ces efforts ne portent toutefois pas entièrement leurs fruits dans les hiérarchies mises en place pour répondre aux demandes des usagers, à l’image de la salle de classe créée au sous-sol, aux dépens des vestiaires du rez-de-chaussée, généreusement pourvus de lumière naturelle.