Vieux Lully: Projet de logements, espaces publics et salle de spectacle
Procédure sélective
10 Vieux-Lully, 1233 Bernex
Publication
29.08.2017
Maître d'ouvrage
Fondation de la Commune de Bernex pour le logement (FCBL)
Galerie
Maître d'ouvrage & jury
Jury professionnel
- Patrick Aeby (Architecte EPFL FAS SIA),
- Lucien Barras (Architecte EPFL FSU SIA),
- Bassel Farra (Architecte EPFL SIA),
- François Jolliet (Architecte EPFL SIA),
- Thomas Jundt (Ingénieur civil EPFL),
- Romaine de Kalbermatten (Architecte EPFL SIA),
- Olivier Lasserre (Architecte-paysagiste UNINE FSAP SIA),
- Dominique Abbé-Decarroux (Architecte EPFL SIA),
Jury non professionnel
- Gilbert Vonlanthen (Fondation de la Commune de Bernex pour le logement, président),
- Guylaine Antille (Commune de Bernex, conseillère administrative),
- Lauren Baddeley (Lauren Baddeley Fondation de la Commune de Bernex pour le logement),
- Alain Dubois (Riverain),
- Fabienne Egger-Dupraz (Riveraine),
- Nicolas Wisard (Fondation de la Commune de Bernex pour le logement),
- Mireille Streckeisen-Deletraz (Riveraine),
Résultat du concours
Le projet «une histoire commune» de 2b architectes a convaincu le jury grâce à son caractère villageois et aux espaces publics de qualité qui valorisent la topographie des lieux.
Objectifs du Concours
- Densifier le hameau de Lully dans le respect des conditions cadre définies par le Plan directeur cantonal (PDCn) et le Plan directeur communal de Bernex (PDCom) qui régissent ce secteur.
- Traiter les coutures urbaines avec les quartiers avoisinants en tenant compte des différentes situations existantes.
- Accorder une importance à l’intégration
et l’implantation des bâtiments dans la structure du hameau.
- Tenir compte du traitement et de la qualification des espaces ouverts en lien avec les espaces publics existants.
Critiques des projets (extraits du rapport du jury)
En vue de la réalisation du projet lauréat, le jury émet les recommandations suivantes:
L’outil de production culturelle ne déploie pas tout son potentiel dans le projet actuel. Il bénéficierait d’une plus grande liberté en prenant des options plus franches: par exemple de fonctionner davantage de plain-pied au niveau de la scène, de dégager un atelier/arrière-scène généreux mieux relié à la livraison, de mieux relier le niveau salle de répétition avec le foyer et la salle, de tenter d’amener la lumière au niveau inférieur dans les lieux de travail, etc...
Techniquement, il manque une protection acoustique efficace de la salle (sas indispensable) entre le foyer et la salle.
Les gabarits de certains éléments du projet devront être revus dans le respect des exigences légales (diminution de la hauteur de certains bâtiments afin de respecter les distances aux limites de propriété). Le jury a constaté que la réduction envisageable de la hauteur d’un des éléments permettait au projet de pouvoir encore répondre aux exigences du programme du concours.
Le concept énergétique devra être revu conformément aux objectifs de la commune.
1er rang, 1er prix «Une histoire commune»
Le projet est composé d’une succession d’espaces publics qui assurent une transition entre la route de Lully et la route de Soral, articulés par le volume emblématique de la salle de spectacle:
- en premier, l’espace public desservant l’infrastructure de la salle de spectacle et affichant l’identité culturelle et artistique du lieu;
- un espace minéral de transition animé par les utilisateurs de l’équipement culturel;
- en dernier, un espace plus privatif végétal animant la transition avec les logements existants le long de la route de Soral.
La volumétrie simple proposée pour le logement est en adéquation avec l’échelle villageoise et la géométrie du tissu existant. Le parti de dissocier clairement la salle de spectacle des logements est très pertinent. La salle de spectacle s’exprime ainsi clairement et articule la morphologie bâtie existante avec les logements proposés.
La typologie des logements est simple et compacte avec une double orientation ainsi que des loggias dans les angles des volumes. La surface des logements reste toutefois à vérifier en fonction des normes RGL. L’expression architecturale, bien que faisant référence au langage vernaculaire villageois, reste à affirmer.
La salle de spectacle affiche clairement son identité publique avec ses façades non percées. La matérialisation en béton bouchardé l’assimile aux éléments publics du programme en contraste avec le crépi des logements.
Le jury apprécie particulièrement la relation entre l’équipement culturel et l’espace public.
Le jury a été séduit à l’unanimité par la pertinence de ce projet, tant par ses qualités urbanistiques que par sa réponse simple et évidente qui fait suite à la complexité du programme. Ce projet s’inscrit subtilement dans la continuité du hameau existant et offre des espaces publics de qualité qui valorisent la topographie des lieux. La proximité entre les bâtiments qui le composent est un élément caractéristique fort du projet, qui concourt à renforcer son caractère villageois (création de ruelles). A cet égard, le jury appuie pleinement l’application de l’art. 106 de la LCI pour déroger aux règles sur les distances aux bâtiments.
La mise en valeur de l’infrastructure publique par un bâtiment emblématique pour le village a été particulièrement appréciée, offrant ainsi la nouvelle image culturelle souhaitée pour Lully.
2e rang, 2e prix «Petites fugues
»
Le projet déploie un système structuré par une circulation centrale traversante, épine dorsale à laquelle s’accrochent, de part et d’autre cinq bâtiments alternés, déterminant entre eux quatre espaces extérieurs de référence. Cette coursive inclut les escaliers de quatre bâtiments et permet de mutualiser un ascenseur de manière efficace. Le cinquième bâtiment échappe quelque peu à ce système et comporte son propre escalier et ascenseur.
La géométrie et la métrique du système et des volumes sont conçues sur mesure pour s’adapter au contexte: domaine public, pente générale, bâtiments voisins, etc. Les différents espaces extérieurs, bien délimités et mesurés par le projet, s’étagent dans la pente en montant de la place du Platane (parvis de la salle de spectacle) jusqu’à la place du Tilleul reliée à la route de Soral, tout en traversant des espaces plus intimes logés entre les bâtiments (cour des artistes à l’entresol, puis jardins au rez supérieur). La circulation centrale assume bien ces séquences variées en s’adaptant à la pente grâce à ses escaliers droits.
De bas en haut, à partir du socle rectangulaire des deux étages de parking, le plan du projet découpé en cinq bâtiments se révèle progressivement et chaque étage supplémentaire se dégage un peu plus du terrain. Le programme culturel tire profit des parties enterrées (ou semi-enterrées), tandis que les ateliers et commerces sont posés sur le sol. L’intimité des logements est assurée par leur situation aux étages. Le programme culturel sur deux niveaux (place du Platane/salle de spectacle, cour des artistes/salles, ateliers) est relié par un escalier secondaire intérieur à l’arrière-salle. Il bénéficie d’un éclairage naturel bienvenu, sur cour ou latéralement pour la salle.
De manière générale, le projet tire subtilement parti de son contexte, y compris l’exploitation de la «dent creuse» pour réaliser quatre appartements supplémentaires sur la route de Soral, avec passage piéton au rez.
Reconnaissant ces nombreuses qualités, le jury considère cependant que le système peine à résoudre pleinement le programme. Il bute en particulier sur les limites de parcelle, presque chaque gabarit dépassant les limites de hauteur. Pour obtenir la densité nécessaire, le projet semble contraint d’ajouter un cinquième bâtiment difficilement intégré (faîte «tourné», pas d’accrochage direct à la circulation centrale pour l’escalier, ascenseur supplémentaire, etc.).
La salle de spectacle souffre d’une mauvaise liaison entre la scène, enfoncée dans le terrain, avec la livraison; de même, le travail en arrière-scène semble prétérité. Par ailleurs, la manifestation de la salle de spectacle sur l’espace public, avec une entrée dans le socle des bâtiments d’habitations, ne saurait soutenir la comparaison avec la présence d’un bâtiment spécifique indépendant.
3e rang, 3e prix «Triune»
Le projet Triune se compose de trois bâtiments distincts et de dimensions variées qui articulent des espaces communs ou publics développés par «séquences». On y trouve ainsi une place principale, située à front de rue et «accrochée» au cheminement historique menant au cœur du hameau de Lully, qui fédère le cœur du projet sur lequel bâtiments et équipements viennent s’articuler.
A un niveau plus haut et suivant la topographie des lieux, les architectes ont prévu une «place- cour» commune, au caractère plus intime, qui dessert les allées de logements tout en assurant une perméabilité spatiale et visuelle à travers le quartier. Les cheminements piétonniers se poursuivent ensuite jusqu’à la route de Soral à l’Ouest comme à l’Est du mas ancien qui surplombe le périmètre de projet. Les bâtiments proposés se composent de deux bâtiments affectés au logement et judicieusement articulés en parallèle à la pente du coteau ainsi que d’un bâtiment, plus modeste et de gabarit semblable au bâtiment ancien voisin, dévoué entièrement à de l’activité (commerce et ateliers).
L’équipement culturel se développe principalement au rez-de-chaussée inférieur (salles de répétition, zone personnel et usagers, cafétéria...) ainsi qu’au premier sous-sol pour ce qui concerne la salle de spectacle et la zone «backstage».
Le jury apprécie les qualités morphologiques et urbanistiques du projet Triune. L’articulation des espaces communs, des places et des cheminements semble savamment orchestrée par une implantation judicieuse des bâtiments, parachevée par les subtilités de décrochements prévus. Les vues et les perméabilités ainsi dégagées semblent particulièrement intéressantes car elles valorisent le contexte tout en assumant une intégration harmonieuse et douce dans le site.
L’implantation d’un commerce au droit de la place, le long de la rue du hameau, à proximité des activités existantes et dans un bâtiment possédant son identité propre, est particulièrement appréciée.
Le jury s’interroge, en revanche, sur le parti pris d’une implantation de l’équipement culturel majeur du projet, à savoir la salle de spectacle, au premier sous-sol. Il remarque que ce choix induit une complexité de fonctionnement (accessibilité pour le public et pour les exploitants difficile, nécessité d’emprunt ou d’usage d’un ascenseur pour les personnes à mobilité réduite, foyer au premier sous-sol peu attractif, impossibilité de lumière naturelle, etc.) et ne permet pas la mise en valeur ou le signalement architectural de l’infrastructure publique.
A propos des typologies de logement, le jury remarque que certains logements sont contraints par une orientation difficile (pièces de jour mono-orientées Nord-Est) ou devront faire l’objet d’une attention particulière pour en assurer l’intimité (angle Nord-Ouest du projet notamment).
Enfin, concernant l’expression architecturale des façades, le jury n’est pas convaincu par la disposition des percements qui accentuent un traitement très vertical des «lignes» ainsi que la hauteur ressentie de gabarits. L’accès aux locaux culturels aurait, quant à lui, pu être d’avantage magnifié par les proportions des ouvertures donnant sur la place.
4e rang, 4e prix «Babouche»
Le parti urbanistique dé nit deux niveaux horizontaux parallèles aux courbes de niveaux, l’un au niveau de la route de Lully et la future place, et l’autre au niveau +1.
Le bâtiment inférieur abrite tout le programme public, en relation avec la route de Lully. Le rez-de-chaussée côté Sud donne accès de plain-pied au restaurant et au foyer de la salle de spectacle. Une petite place est aménagée entre la route de Lully et l’entrée principale.
Sur le niveau supérieur sont posés deux bâtiments allongés implantés parallèlement aux courbes de niveau. Un espace intermédiaire est ainsi créé comprenant les accès aux logements d’un côté et aux salles de répétition de l’autre.
La salle de spectacle est située au centre du dispositif, sous l’espace intermédiaire du rez supérieur. Son accès est réalisé par un foyer généreux qui descend en gradins vers la salle. Les salles de répétition et les bureaux sont situés à l’arrière de la salle. Les bâtiments de logements proposent une typologie traversante qui est à l’échelle villageoise.
Dans l’implantation choisie, le jury regrette que le bâtiment en aval crée une barrière visuelle et fonctionnelle. Le cheminement est relégué en périphérie du projet. Cette structure en barres s’intègre mal au caractère villageois.
Le lien entre le plateau supérieur et le rez-de-chaussée n’est pas satisfaisant, il se fait en marge du dispositif et coupe le lien entre les diverses activités qui se font autour de la création et des activités culturelles. Un escalier de caractère emphatique relie le foyer à la plateforme supérieure et le jury ne comprend pas très bien à quel public il est destiné.
La salle étant complètement souterraine, l’apport de lumière naturelle est faible dans la partie foyer et inexistante au niveau de la salle elle-même. Son accessibilité est difficile pour les activités qui y sont liées, livraisons, montages etc. Certains locaux comme la salle de répétition et les bureaux sont borgnes.
La façade sur la place publique n’est pas très engageante et mélange l’entrée à la salle de spectacle, le restaurant et les locaux de service comme l’accès au parking, le vestiaire et la cuisine. Le parking est exagérément surdimensionné.