Une nouvelle bibliothèque pour l'Université de Lausanne
Offenes Verfahren
Banane, 1015 Ecublens
Publikationsdatum
29.03.2016
Auftraggeber
COPIL des Constructions Universitaires
Galerie
Auftraggeber & Jury
Fachrichter
- Emmanuel Ventura (Président, Architecte cantonal et chef de la division stratégie et développement, Etat de Vaud, DFIRE-SIPaL),
- Philippe Pont (Chef du service SIPaL, Etat de Vaud, DFIRE-SIPaL (suppléant du président)),
- Geneviève Bonnard (Architecte, BW architectes, Monthey),
- Andreas Bründler (Architecte, Buchner & Bründler AG, Bâle),
- Patrick Heiz (Architecte, Made In, Genève),
- Edith Dehant (Cheffe de section, Etat de Vaud, DFIRE-SIPAL),
- Kimio Fukami (Architecte, Chef de projet, UNIL-UNIBAT),
- Olivier Andreotti (Adjoint Division Stratégie et Développement, Etat de Vaud, DFIRE-SIPAL),
- Marie-Françoise Bisbrouck (Experte bibliothèques),
- Franz Graf (Architecte, Professeur au laboratoire TSAM, EPFL),
Sachrichter
- Jenette Frey (Directrice BCU, Etat de Vaud, DFJC-SERAC),
- Chantal Ostorero (Directrice générale de l’enseignement supérieur, Etat de Vaud, DFJC-DGES),
- Dominique Arlettaz (Recteur UNIL),
- Jean-Claude Albertin (Directeur Adjoint BCU, Etat de Vaud, DFJC-SERAC),
- Ariane Baechler (Directrice Générale Adjointe de l’enseignement supérieur, Etat de Vaud, DFJC-DGES),
- Benoît Frund (Vice-Recteur UNIL),
Wettbewerbsresultat
Objectifs du Concours
Le concours porte sur l’extension du bâtiment Unithèque situé sur le Campus de l’Université de Lausanne (UNIL) à Dorigny.
Les enjeux majeurs sont de répondre aux besoins de la Bibliothèque Cantonale Universitaire (BCU) en termes de surface et de fonctionnalité, de réussir l’intégration architecturale de l’extension dans un site paysager de grande qualité et enfin d’assurer la continuité de fonctionnement de la BCU et du restaurant tout au long du projet.
L’extension de la BCU, qui porte sur un programme global de presque 11 000 m² SU, est l’objet principal du concours. Elle doit permettre d’accueillir 2000 étudiants par jour contre environ 900 aujourd’hui et de conserver un nombre croissant d’ouvrages en doublant la surface des espaces dédiés au stockage, de 47 500 mètres linéaires de rayonnages à 95 000 mètres linéaires.
En sus, s’ajoutent des besoins en surfaces nouvelles ou complémentaires pour des services de l’UNIL ou des entités tierces telles que commerces et agence bancaire, pour une surface de l’ordre de 500 m² SU.
Critique des projets: (extraits du rapport du jury)
Le jury recommande au maître de l’ouvrage de poursuivre l’étude du projet n° 21 Abaka, dans une perspective de dialogue entre son auteur et les différents acteurs de ce projet.
Lors du développement du projet, le lauréat devra faire évoluer l’espace d’accueil en lien avec les utilisateurs et optimiser le raccordement constructif de l’extension avec le bâtiment existant, dans le respect du programme et du budget du concours.
1er rang, 1er prix: projet « ABAKA»
Soucieux de maintenir le caractère paysager, modeste et discret de la bibliothèque universitaire, le projet occupe uniquement l’arrière du bâtiment existant. Epousant parfaitement l’arc de cercle, le nouveau volume, qui n’est pas perceptible depuis le sud, conserve ainsi pour la bibliothèque de Cocchi le rôle de façade principale en direction du lac. La nouvelle bibliothèque reste ainsi totalement inscrite dans l’idée d’un amphithéâtre paysager qui s’étire de la forêt au lac.
Le nouveau volume, aussi discret soit-il depuis le sud, n’est cependant pas invisible au nord: bien que partiellement enterré, il propose une nouvelle façade arrière, une ouverture sur la forêt. L’extension ressort suffisamment du terrain pour créer une limite volumétrique claire, sans ambiguïté entre la surface de toiture et le terrain naturel.
Astuce élégante du projet, une tourelle périscopique permet de signaler au sud la présence du monde qui se situe à l’arrière de l’existant. Au travers d’un élément sculptural clair et marquant, les architectes proposent une contribution contemporaine au rapport entre la bibliothèque et le grand paysage du lac et des montagnes. Un signal clair que malgré sa discrétion, la nouvelle bibliothèque ose s’affirmer comme un signal à l’entrée d’un site universitaire en pleine mutation.
Architecture
L’intervention proposée par les architectes s’articule autour d’un concept spatial simple et clair. La volumétrie générale en éventail est directement reprise de la géométrie circulaire de la bibliothèque existante. Venant s’adosser à la bibliothèque actuelle, aucune sur- face extérieure interstitielle ne vient troubler le jeu: la nouvelle bibliothèque est un seul corps solidaire et continu.
Une nouvelle entrée permet de rejoindre les salles de lecture, au travers d’un couloir monumental à l’échelle de cette importante machine du savoir. Coiffé du périscope qui le baigne de lumière, ce couloir en cascade met en scène la pente du site pour amener les lecteurs au cœur de leur outil de travail.
Le nouveau volume abrite un espace intérieur unique, continu et généreux. Baigné de lumière zénithale, l’atmosphère introvertie y est propice à l’étude. Véritable temple de lecture, l’espace est organisé en terrasses intérieures qui rappellent indirectement que la bibliothèque se situe sur l’une des plus belles pentes du site universitaire.
Si la clarté du concept ne fait pas de doute, le jury pense que la mise en place de moyens constructifs plus modestes et moins héroïques serait au bénéfice d’une architecture plus évidente dans le contexte paysager de ce programme universitaire. La bibliothèque doit être un instrument avant d’être un monument.
Programme
Si le concept programmatique est généralement clair, le rôle du couloir central doit impérativement être précisé et renforcé.
Cet élément ne peut pas que relier deux points comme c’est le cas actuellement, il doit regrouper dans et autour de lui tous les éléments liés à la distribution performante et au contrôle efficace de la bibliothèque : contrôle des flux, gestion de l’acoustique dans la salle de lecture, accès handicapés, liaisons latérales et intermédiaires – autant de questions qui touchent ce cordon de circulation et qui devront être développées en étroite collaboration entre architecte et exploitants. Ce couloir ne peut pas être qu’un espace de transition contemplative: il doit devenir le catalyseur central de l’instrument, qui permettra d’assurer un fonctionnement optimal de l’ensemble de l’édifice.
En résumé, le jury salue une proposition architecturale engagée, simple et cohérente. Bien que discrète, l’extension ne se cache pas. Un projet qui laisse entrevoir que la nouvelle bibliothèque restera un lieu unique sur le site universitaire. Empreint d’une forte identité, cet instrument restera un générateur d’inspiration pour de nombreuses générations d’étudiants.
2e rang, 2e prix: projet « LAC LÉMAN VU DE DORIGNY»
L’extension de la bibliothèque prend forme dans un nouveau bâtiment clairement détaché de l’existant. Sorte de pavillon monumental, l’extension s’inscrit toutefois sans compromis dans l’idée générale mise en place pour ce site par Cocchi: celle d’un amphithéâtre paysager qui s’étire de la forêt au lac.
Reprenant la géométrie circulaire proposée par l’édifice principal, le volume est peu profond, formant un écran en étroite relation avec le rideau de forêt à l’arrière. Au travers de cette minceur significative, l’édifice ne laisse aucun doute, même à distance, sur son appartenance à un programme spécifique et singulier. Et affiche dans le même temps l’évolution dynamique du site universitaire.
Architecture
La séparation volumétrique très claire se poursuit dans l’interprétation programmatique du projet. L’extension abrite exclusivement les salles de lecture. Souhaitant offrir au plus grand nombre les qualités d’une place de travail avec vue, les plateaux sont le résultat de la multiplication de ce principe.
Dans la perspective d’une bibliothèque « instrument » plus que « monument », ce projet instrumentalise la place de travail du lecteur comme élément déterminant l’ensemble de l’architecture. Conscient du risque lié au fait de proposer une «boîte en verre» pour l’activité de lecture (apport de lumière directe), mais aussi aux effets climatiques (surchauffe), les architectes déve- loppent un principe de brise-soleil intégré à la façade. L’enveloppe devient une grille, un filtre qui au-delà des aspects performatifs détermine l’image entière des façades de cette extension.
Programme
Si le concept programmatique de séparation de l’existant et de l’extension est clair, l’entrée et la liaison entre les deux entités n’ont pas convaincu le jury. La situation de l’entrée du complexe n’est pas évidente. Le couloir de liaison est un goulet minimal peu adapté à la circulation intensive entre les deux bâtiments. La gestion et le contrôle des flux entre ces deux édifices est problématique, sans l’intégration de surfaces complémentaires. Le jury aurait souhaité voir plus qu’un simple voisinage entre deux édifices étroitement associés. Si la séparation spatiale est claire, sa mise en place fonctionnelle ne l’est pas et implique une forte limitation de la flexibilité évolutive.
(…)
3e rang, 3e prix: projet «SILENCE... ON TOURNE»
L’extension de la bibliothèque prend forme dans un nouveau volume détaché de l’existant. Sous la forme d’une couche supplémentaire légèrement décalée latéralement et d’une excroissance ponctuelle plus basse à l’est du nouveau volume, l’extension s’inscrit dans l’idée générale prévue pour ce site par Cocchi: l’amphithéâtre paysager allant de la forêt au lac.
Reprenant la géométrie circulaire proposée par l’édifice principal, le nouveau volume hors-sol à l’arrière se tient à distance du bâtiment existant, créant une sorte d’interstice extérieur entre les deux étages supérieurs des bâtiments. Maintenant la discrétion volumétrique générale de la bibliothèque de Cocchi, la principale nouveauté est la création d’une entrée à l’est donnant sur une petite place publique.
Le jury n’a pas été entièrement convaincu par la création d’une entrée périphérique et sur l’arrière pour l’ensemble d’un édifice organisé dans sa longueur. Le rôle essentiel de la « rue » extérieure disposée sous les arcades au sud de la bibliothèque devient secondaire: un simple lien de liaison au restaurant et non plus le passage menant à l’entrée du complexe multifonctionnel. Par ailleurs, la création de la place à l’est est un choix qui a également interpelé le jury.
Architecture
Les nouvelles parties de bâtiment reprennent dans l’ensemble l’ap- proche horizontale et linéaire de la bibliothèque existante, mais leur matérialisation avec une double peau en verre les différencie clairement. Si la distinction entre les deux interventions a été bien accueillie, la pertinence de la façade en verre proposée n’a pas convaincu le jury. D’une part dans le rapport entre la simplicité et modestie de la façade Cocchi et celle d’un volume très lisse et technique. Mais aussi pour toutes les questions posées par l’usage du verre pour l’activité de lecture – avec des stores qui seraient baissés en quasi permanence.
Programme
A l’intérieur, les nouveaux espaces de lecture présentent trop peu de qualités propres au site ou au programme de bibliothèque. Sans véritable générosité volumétrique, les salles pourraient être celles de nombreuses surfaces administratives en « open space ». La vue sur l’arrière d’un autre bâtiment au travers d’un interstice sans qualification claire est peu attractive. Et le regard sur l’arrière vers la forêt est trop peu thématisé pour apporter une qualité supplémentaire.
Si d’une manière générale le programme fonctionne globalement, le plan et la coupe apportent peu de moments forts que l’on est en droit d’attendre dans un édifice public au programme aussi spécifique. La position de l’entrée, arrière et excentrée, a soulevé le doute du jury. Il en est de même pour l’accès aux étages qui se fait par un escalier sans grande générosité compte tenu des flux très importants de cette infrastructure universitaire, ou encore pour l’étroitesse des couloirs de distribution directement liés à cette nouvelle entrée.
(…)
4e rang, 4e prix: projet «ARCA NOE»
Conservant vers l’avant la volumétrie discrète et modeste de la bibliothèque universitaire, l’extension occupe l’arrière du bâtiment existant. Reprenant le gabarit supérieur de la bibliothèque de Cocchi, le nouveau volume n’est pas perceptible depuis le sud et permet ainsi à la bibliothèque existante de jouer le rôle de façade principale côté lac. La thématique de l’amphithéâtre paysager allant de la forêt au lac est maintenue en l’état, sans aucune marque de changement au sud du bâtiment.
L’extension affirme par contre sa présence et son identité au nord: avec un volume et des ouvertures généreuses sur l’arrière, elle propose une nouvelle façade en direction de la forêt. Ainsi l’extension ressort clairement du terrain pour créer une limite volumétrique sans ambiguïté entre la surface de toiture et le terrain naturel.
Architecture
Le trait dominant du projet se situe dans l’univers intérieur qu’il propose. Partant de l’idée d’arc de cercle présente dans la grande courbe de Cocchi, le projet s’applique à intégrer plusieurs éléments géométriques qui rappellent cette courbe : plusieurs patios intérieurs, mais aussi les arcades en façades, reprennent l’idée d’un univers où les arcades structurelles et décoratives participent à l’atmosphère du lieu.
i cette approche a été développée de manière conséquente par les auteurs du projet, le jury n’a pas été convaincu par la pertinence de cette démarche dans le contexte de cette extension. Alors que le bâtiment de Cocchi présente une trame structurelle extrêmement efficace et ingénieuse, l’univers proposé autour de la thématique de l’arche semble guidée par une inspiration fortement maniériste et symboliste. Deux approches difficilement compatibles dans le même édifice sans créer plus de confusion que de clarté.
Programme
Si d’une manière générale le programme fonctionne, les seuls éléments qui ponctuent le plan de l’extension sont les cours intérieures, toutes de taille égale (à une exception près à l’étage supérieur). Sans hiérarchie ou élément fort dans la coupe également, le jury n’a pas été suffisamment séduit par les dalles nervurées ou autres éléments structurels arqués pour garantir à eux seuls une identité forte.
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5e rang, 5e prix: projet «EPIDAURE»
L’extension proposée par le projet occupe l’arrière du bâtiment de Cocchi, dans l’alignement latéral précis de la portion d’arc de cercle définie par la bibliothèque existante. Ainsi, le projet ne « déborde » pas latéralement, mais s’étend vers l’arrière. En complément, une nouvelle structure de toiture vient chapeauter et unifier l’ensemble dans un grand geste simple et clair.
Ainsi même si la volumétrie générale de la façade sud et augmentée, la thématique de l’amphithéâtre paysager est ainsi maintenue. Grâce au grand geste de la toiture qui unifie le volume, l’extension n’est plus reconnaissable comme une adjonction: la nouvelle bibliothèque est un seul bâtiment, qui offre des façades claires et sans ambiguïté aussi bien à l’avant, à l’arrière que sur les côtés – une qualité globale et une proposition engagée qui ont plu au jury.
Architecture
L’univers intérieur s’inscrit dans la continuité directe (formelle, structurelle, fonctionnelle, matérielle) de l’architecture de Cocchi et pose peu de questions – une proposition déjà confirmée à l’usage. L’intervention principale de ce projet est donc concentrée dans la proposition de nouvelle toiture. Cet élément devient ainsi capital dans la définition de l’identité et de la qualité des espaces qu’il propose. Une telle démarche passe donc inévitablement par le développement d’une superstructure – d’un ouvrage où architectes et ingénieurs travaillent main dans la main pour proposer un système duquel l’ensemble du projet s’inspire. Si le jury est séduit par l’idée, le peu de moyens mis en œuvre pour donner à la structure ce rôle fort et prédominant ont soulevé des interrogations. Plutôt que mettre en scène cette importante intervention, un habillage intérieur et extérieur assez banal réduit la force de la proposition initiale.
Programme
Le maintien de la mixité programmatique dans un même et unique volume a été appréciée par le jury.
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6e rang, 6e prix: projet «ARIS»
Un nouveau volume domine l’arrière du bâtiment de Cocchi et marque clairement une rupture entre l’existant et l’extension. Détaché spatialement, le cube adopte également une autre géométrie que celle engagée par l’arc de cercle de l’édifice au sud.
S’élançant verticalement, l’édifice de verre transparent et lisse contraste avec l’horizontalité articulée du volume en terrasses qui se trouve à ses pieds.
De part sa présence monumentale face au lac, le cube de l’extension s’inscrit toutefois à sa manière dans l’idée générale mise en place sur le site par Cocchi: celle d’un amphithéâtre paysager qui s’étire de la forêt au lac. La différence marquée se concrétise dans la grandeur du geste, en contraste radical de la modestie et de la discrétion jusqu’alors intouchées. Le signal d’une ère nouvelle pour la bibliothèque est clairement affirmé par la présence dominante de cette extension.
Architecture
La séparation du programme en deux entités correspond à la rupture volumétrique très claire du projet. L’extension abrite les salles de lecture et un système de stockage mécanisé. Les étages de cette petite tour offre des plateaux libres, dégageant des postes de lecture avec une vue panoramique par dessus la bibliothèque actuelle. Toutefois, le contraste vide / plein entre les espaces avant et arrière, mais aussi à l’intérieur du nouveau volume, a paru trop schématique au jury.
La façade vitrée proposée a également soulevé les questions du jury. Une telle exposition pour un programme principal de lecture semble illusoire – dès lors la question de la protection solaire extérieure et de son impact déterminant sur l’architecture ne peut être évitée. Et le projet apporte peu de réponses convaincantes à cette question technique, centrale pour l’expression architecturale d’un tel cube de verre. La liaison entre les deux entités, clairement mise en scène dans le projet, semble crédible pour garantir une gestion efficace des flux entre les différentes parties de bâtiment. Le couloir d’accès et le hall au pied de la tour sont de vrais espaces publics, dimensionnés à l’échelle des ambitions du programme universitaire.
Programme
Ouvrant sans retenue l’ère de la bibliothèque comme « monument », ce projet instrumentalise le stockage comme élément déterminant du projet, qui occupe de l’intérieur l’ensemble de la structure porteuse de l’extension – et ainsi participe à la définition des espaces intérieurs. Si elle est cohérente dans son approche, la géométrie « pyramidale » de la structure statique évidée a toutefois soulevé les interrogations du jury quant à la complète incapacité évolutive du principe mis en place. Pour un programme qui se veut « instrument », la soumission définitive du système de stockage à la géométrie très particulière de cette tour est une très forte contrainte.
(…)
7e rang, 7e prix: projet «DISCO VOLANTE»
L’extension de la bibliothèque se concrétise dans un nouveau bâtiment détaché de l’existant, mais qui s’inscrit clairement dans la continuité volumétrique et architecturale. Au travers d’une interprétation contemporaine presque mimétique du bâtiment existant, l’extension s’inscrit sans heurt dans l’amphithéâtre paysager proposé par le projet de Cocchi.
Reprenant la géométrie circulaire proposée par l’édifice principal, le nouveau volume hors-sol à l’arrière se tient à distance du bâtiment existant, aussi bien horizontalement (allée intérieure de toitures vitrées) que verticalement (le volume arrière étant détaché du sol). Tout en maintenant dans son ensemble la discrétion volumétrique générale de la bibliothèque, l’extension déborde légèrement à l’ouest pour offrir une ponctuation de la place libre autour du chêne Napoléon.
Architecture
La continuité de langage proposé entre les parties ancienne et nouvelle de la bibliothèque a semblé au jury une réponse crédible à la question de l’extension d’un ouvrage de qualité. Aussi bien du point de vue structurel, constructif ou organisationnel, l’ensemble présente une approche efficace – bien que peu surprenante ou innovante.
La principale problématique pour le jury s’est présentée dans la qualité des espaces intérieurs de la bibliothèque. L’ensemble des surfaces de lecture et de libre accès sont résolument trop sombres, sans qualités suffisantes pour créer une introspection généreuse et agréable.
Finalement, la qualité de l’espace extérieur situé sous le bâtiment administratif et autour des verrières a soulevé les interrogations du jury. Sans programme attribué, sans vue ou autre spécificité, ces surfaces résiduelles sont difficilement gérables.
Programme
Si la séparation des locaux administratifs fonctionne, elle reste toute de même une vraie question fondamentale dans une bibliothèque: séparer les utilisateurs des gestionnaires du lieu, ne plus offrir cette proximité entre les occupants « permanents » et les visiteurs de passage.
Dans cette même optique, le jury a également jugé problématique que le nouveau bâtiment qui marque l’extension de la bibliothèque n’abrite finalement qu’un simple programme administratif – une occasion manquée de participer activement au développement de la bibliothèque de demain.
(…)
8e rang, 8e prix: projet «ARC EN TERRE»
Modeste et discret, le projet occupe uniquement l’arrière du bâtiment existant. Adoptant l’arc de cercle de la bibliothèque actuelle, le nouveau volume, enterré, n’est perceptible depuis quasiment aucun point de vue. Ainsi c’est la bibliothèque de Cocchi qui conserve le seul rôle d’édifice marquant le territoire.
Bien que seulement partiellement enterrée sur l’arrière, l’extension ne propose pas de véritable nouvelle façade sur l’arrière – à l’exception d’une toiture végétalisée qui dévoile discrètement l’insertion de l’extension dans le terrain. La limite entre le bâti et le terrain naturel est volontairement floue – une approche qui a soulevé les doutes du jury. Projet « camouflé », cette approche présente l’intérêt de ne pas remettre en question le potentiel du bâtiment existant dans ce site – mais évite également les opportunités urbanistiques de signaler le début d’une deuxième ère pour cette bibliothèque.
Architecture
De manière cohérente, le projet d’extension enterrée propose un univers introverti, dans la prolongation directe des espaces existants sur l’avant. Sans remettre en question les principes mis en place par Cocchi, ils ne les interprète pas non plus mais suggère avant tout le passage d’espaces éclairés frontalement à des surfaces bénéficiant de lumière zénithale. Malgré une terminaison sculpturale convaincante pour un univers enterré, le jury a estimé que les volumes intérieurs et l’apport de lumière zénithale manquaient de générosité.
Programme
De la nature enterrée du projet découlent une quantité d’espaces borgnes dans les niveaux inférieurs, qui ne bénéficient pas d’assez de lumière : un vrai problème pour les membres du jury, qui auraient souhaité que cette approche introvertie soit développée plus généreusement pour permettre d’obtenir des espaces de vies et de travail générateurs d’inspiration.