Transformation du bâtiment scolaire du Sacré-Cœur à Estavayer-le-Lac
Selektives Verfahren
2 Chemin du Sacré-Coeur, 1470 Estavayer-le-Lac
Publikationsdatum
23.02.2017
Auftraggeber
Commune d'Estavayer-le-Lac
Galerie
Auftraggeber & Jury
Fachrichter
- Bernard Zurbuchen (Président du collège, architecte EPFL-SIA-FAS),
- Anne-Catherine Javet (Vice-présidente du collège, architecte EPFL-SIA-FAS),
- Philippe Gueissaz (architecte EPFL-SIA-FAS),
- Nicolas Ferraud (architecte-paysagiste FSAP-REG-ETS Lullier),
- Mylène Devaux Baudraz (ingénieure civil EPFL, professeure HEIA-FR),
- Charles Weinmann (ingénieur CVSE EPFL-SIA-USIC),
- Charles Ducrot (adjoint de l’architecte cantonal, État de Fribourg ),
- Stanislas Rück (architecte EPFZ, chef du service des biens culturels, État de Fribourg),
- Peter Giezendanner (architecte-urbaniste EPFL-FSU, team+),
Sachrichter
- Daniel Krattinger (Conseiller communal),
- Marlis Schwarzentrub (Vice-syndique),
- Christophe Lambert (responsable de l’établissement du Sacré-Coeur),
- Maria Eugenia Nicolier (responsable des bâtiments, police des constructions),
- Danilo Perrenoud (ingénieur de Ville, commune d’Estavayer-le-lac),
Wettbewerbsresultat
Le bureau biennois Bart&Buchhofer architectes SA, remporte le MEP pour la transformation du bâtiment scolaire du Sacré-Cœur à Estavayer-le-Lac. Une implantation modérée vis à vis du bâtiment existant et une définition plus accrue des espaces extérieurs, ont séduit à l’unanimité le jury.
Objectifs du Concours
Le secteur du Sacré-Coeur est situé au centre de la Ville d’Estavayer-le-Lac, en bordure extérieure du bourg médiéval et de ses remparts. Il comprend le bâtiment scolaire et ses aménagements extérieurs. Datant du début des années 1900, le bâtiment est protégé (valeur au recensement classée « A » et catégorie de protection de niveau 2). La chapelle, intégrée au bâtiment, est de grande valeur patrimoniale (valeur au recensement classée « A » et catégorie de protection de niveau 1). La congrégation des Soeurs de Charité de la Sainte-Croix d’Ingenbohl était propriétaire du bien jusqu’à son achat en 2005 par la commune. Actuellement, le bâtiment est essentiellement dédié à l’éducation. La capacité d’accueil d’élèves n’étant plus suffisante au sein de la commune, la décision a été prise de rénover et agrandir le bâtiment historique, d’implanter de nouvelles salles de sport et de réaménager le parc adjacent.
Les projets du 1er degré ont été évalués selon les critères suivants, sans ordre d’importance:
- Respect du cahier des charges
- Pertinence de la réponse aux enjeux
- Définition de la forme urbaine, de la volumétrie, et des espaces extérieurs
- Qualité des espaces libres et ouverts
- Rationalité et économie du projet
- Cohérence, intégration et interactions avec le contexte proche et élargi
- Qualité du concept parasismique
- Qualité du concept énergétique
- Qualité du concept pour la protection contre les incendies
- Respect et mise en valeur du bâtiment protégé
Les projets du 2ème degré ont été évalués selon les critères suivants, sans ordre d’importance:
- Pertinence de la réponse aux remarques du 1er degré
- Définition de l’organisation du site
- Organisation de la mobilité et des mesures proposées
- Prise en compte des questions environnementales
- Qualité du concept énergétique
Critique des projets (extraits du rapport du jury)
Suite à l’évaluation des projets, le collège décide à l’unanimité de recommander le bureau Bart & Buchhofer architectes SA pour la poursuite du mandat. Le collège recommande à la Commune d’Estavayer de préciser le programme et d’identifier les besoins actuels et futurs. La solution d’une salle de gymnastique enterrée devra être reconsidérée. Sans remettre en cause le principe proposé, des adaptations pourraient être apportées au projet afin d’optimiser les espaces. En outre, et afin d’assurer la transition entre les phases projectuelles, une délégation du collège assistera la Commune lors du lancement de la prochaine phase. Enfin, il conviendra de porter une attention particulière au bon fonctionnement statique du bâtiment historique.
Projet lauréat: Bart & Buchhofer architectes
L’implantation et la volumétrie du nouveau volume sont redéfinies afin de préciser les espaces extérieurs. L’esplanade reliant l’école aux salles de sport, présentée lors du premier atelier, est abandonnée au profit d’une cour de récréation plus ample entre les deux bâtiments. Les parcours d’accès sont différenciés en fonction de leurs utilisateurs, tout comme les entrées et les cours de récréation spécifiées selon les groupes d’âge. Le volume de la salle de sport est enfoncé d’un niveau dans le sol afin d’améliorer le rapport entre sa toiture et les espaces alentour. La matérialité de l’ensemble est revue pour proposer un système d’éléments en béton préfabriqués. Le principe de capteurs solaires, en raison de son efficience maximale durant la période la moins favorable, est abandonné.
L’implantation et la hauteur du nouveau volume n’entre pas en concurrence avec le bâtiment historique et ne gêne pas les perspectives principales. Dans le même ordre d’idée, le fait d’enterrer la salle de sport et d’y superposer les terrains extérieurs limite l’incidence des interventions sur ce site d’intérêt paysager évident. Les conditions d’accès et d’éclairage nécessiteraient cependant de pondérer son enfoncement dans le sol. De plus, le traitement des superstructures en toiture devrait être travaillé dans une optique d’intégration au lieu. Le projet propose un ensemble scolaire générant des parcours riches et variés et dialoguant avec l’environnement bâti. La structure des espaces extérieurs se fonde sur des échelles différentes: la cour à l’échelle du complexe et le parc à l’échelle de la ville. A l'échelle du quartier, la nouvelle construction apaise la relation avec les blocs de logement voisins. La disposition des bâtiments et des fenêtres est apte à fournir une bonne utilisation de la lumière naturelle. L’organisation des espaces d’enseignement est claire et répond de manière adéquate aux enjeux pédagogiques. Le projet offre une souplesse d’évolution, il peut facilement s’adapter à une modification de programme, que ce soit en augmentant ou en diminuant les surfaces. Il est démontré que la réalisation peut se faire aisément tout en maintenant l’exploitation du site. Dès lors que les problématiques déjà citées au premier degré sont adéquatement traitées, le concept parasismique présenté peut être considéré comme favorable.
Les concepts énergétiques, de chauffage, de ventilation et d’électricité du bâtiment, sont capables d’assurer un bon confort thermique. Le collège a en outre particulièrement apprécié l’ouverture au dialogue de l’équipe, qui a été notamment démontrée par une bonne prise en compte des recommandations suite au premier degré.
Projet retenu pour le 2e degré: Stähelin architectes
L’implantation de l’extension est conservée; elle s’étend toutefois jusqu’aux ailes latérales du bâtiment historique. L’articulation entre l’ancien et le nouveau volume est assurée par les éléments architecturaux du bâtiment existant. Les passages qui étaient aériens et vitrés sont ainsi supprimés. Cette modification ferme les cours du rez-de-chaussée jusqu’en toiture et permet de boucler les circulations intérieures au niveau du so
Dans le volume historique, de nombreuses parois sont démolies afin d’y installer les espaces d’enseignement. L’escalier situé à l’ouest est relocalisé dans le nouveau volume afin de fluidifier les circulations. Les cours sont aménagées en espace de contemplation et plantées d’arbres. Le système d’arches paraboliques du rez-de-chaussée est conservé tandis que les arches des salles de classe sont retravaillées et dessinées en plein cintre. Chaque classe possède deux arcs vitrés.
Malgré une implantation compacte, le projet peine à valoriser le parc alentour. Les espaces extérieurs proposés offrent peu de richesse et les cours existantes n’ont plus qu’une fonction d’éclairage et de contemplation. Les espaces de récréation peinent à trouver un dialogue avec le bâtiment central et semblent un peu isolés dans le parc. Le parti initial, qui cherchait à compléter le double quadrilatère, est contredit par la résolution formelle. En effet, la nouvelle expression architecturale ne permet plus à l’observateur de faire le rapport entre l’ancien et le nouveau: la façade d’origine devient illisible depuis le coté nord du bâtiment, niant ainsi la structure spatiale du bâtiment historique. L’implantation du nouveau volume entre les deux corps de bâtiment existants génère de fait une limitation des surfaces disponibles. Cette situation ne tolèrerait que peu de modifications du programme. C’est d’autant plus gênant que l’utilisation du bâtiment historique est déjà très (voire trop) intense. De cette intensité d’utilisation résulte une répartition peu claire des fonctions. Certains espaces sont situés dans des positions peu adéquates au vu de leur utilisation. De plus, cette surexploitation dans un contexte de conservation entraîne des coûts et des impacts supplémentaires. Le dessin de la façade semble encore empreint de formalisme: l’interprétation de la forme de l’arc génère peu de qualité hormis celle de différentier la façade de l’existant. L’éclairage des espaces d’enseignement orientés au nord semble en outre peu optimal en raison des retombées de maçonnerie. D'un point de vue parasismique, l'emplacement de la nouvelle extension est pertinent. En revanche, le concept de stabilisation final (configuration, nature et nombre des contreventements) présente une complexité structurale relativement élevée (avec de nombreux détails constructifs nécessitant une attention accrue en particulier lors de la réalisation) qui n'est pas idéale. Le phasage proposé nécessite la fermeture d’une aile du bâtiment historique à chaque étape et ne permet ainsi pas une continuité de l’utilisation du lieu. Le système de chauffage au sol sans dispositif particulier de régulation n’est pas satisfaisant. Dans l’ensemble, les réponses apportées aux questions se rapportant à la physique du bâtiment ne sont pas convaincantes.
Projet non retenu pour le 2e degré: Galletti & Matter architects, Lausanne
L’aspect minimal et économe de l’intervention est séduisant mais se révèle problématique pour contenir l’entier du programme. La localisation de salles de classes à l’entresol, nécessaire en raison du faible volume à disposition, n’est pas souhaitable. En outre, aucun agrandissement n’est possible.
Le plan masse concentre l’entier du programme au nord du bâtiment historique, permettant d’éviter toute emprise sur le parc au sud. Cependant, les volumes (école, salle de gymnastique et logements,) semblent trop rapprochés et leurs rapports difficiles. La matérialité proposée confère une certaine légèreté à l’extension et souligne la masse du bâtiment historique. Cette attitude peut cependant être questionnée dans le cas d’un socle. Le manque de réponses relatives au phasage du chantier laisse douter de la simplicité de celui-ci.
Projet non retenu pour le 2e degré: Kaden Architekten
L’attitude mimétique conduisant à la prolongation du bâtiment existant atteint rapidement ses limites. L’impossibilité de réaliser le schéma complet, avec deux ailes refermant une cour met déjà en question le parti. Le projet cherche à prolonger la morphologie du bâtiment existant mais propose pour la salle de gymnastique un volume à l’expression radicalement différente de l’ensemble, niant le principe de référence historique. Les espaces extérieurs issus de l’implantation des volumes ne convainquent pas le collège. La cour carrée devient le nouvel espace de référence. Bien qu’orientée en direction de la vieille ville, elle est fermée au sud et à l’ouest, la privant ainsi d’un rapport avec le reste du site. L’implantation de la salle de gymnastique, selon le tracé régulateur orthogonal du bâtiment historique, génère des espaces extérieurs résiduels peu intéressants.
Projet non retenu pour le 2e degré: Pont 12 architectes
Le parti propose un ensemble compact. Cette forme ramassée ne génère cependant pas de nouveau espaces extérieurs ayant des caractéristiques concluantes. Le rapport entre les deux interventions, adossées l’une à l’autre, pose des problèmes tant en termes de valorisation du patrimoine que de qualités spatiales. La nouvelle façade nord occulte complètement l’ancienne, modifiant l’aspect du bâtiment sans permettre une lecture du volume historique indépendante de l’annexe. Spatialement, le couloir principal est éclairé par un second jour, ce qui semble être insuffisant. La position des salles de sport, en sous-sol, rend son accès difficile pour les livraisons et pose le problème de son éclairage. De plus, la division du programme en deux parties diminue la souplesse d’exploitation. En outre, sa construction nécessiterait la reprise complexe en sous-oeuvre du bâtiment existant. De par leur proximité, les travaux induiraient des nuisances importantes, rendant l’utilisation de l’école difficile pendant la durée du chantier. La volumétrie compacte de l’ensemble, bien qu’énergétiquement favorable, ne semble pas permettre d’accueillir l’entier du programme dans les meilleures conditions.