Réaménagement du Sorbier: création d’un nouvel équipement mixte et aménagement des espaces publics
Procédure sélective
11 Route de Veytay, 1295 Mies
Publication
11.10.2016
Maître d'ouvrage
Municipalité de Mies
Galerie
Maître d'ouvrage & jury
Jury professionnel
- Philippe Béboux (Architecte epfl sia, fas 2b architectes),
- Julien Descombes (Architecte/paysagiste eaug fas fsap, Atelier Descombes Rampini),
- Nicolas Delachaux (Architecte epfl sia, Glatz et Delachaux),
- Marcela Martin Jilkova (Architecte epfl sia uvai, Architecture et Engineering Martin),
- Marcos Weil (Urbaniste-paysagiste fsu, urbaplan),
- Cristina Woods (Présidente, Architecte-urbaniste sia, Verzone Woods Architectes (VWA)),
Jury non professionnel
- Pierre-Alain Schmidt (Syndic, Mies),
- Guy Dériaz (Municipal des travaux, Mies),
- Jean-Luc Ray (Conseiller communal, Mies),
- Yves Lüginbuhl (Président du Conseil communal, Mies),
- Stéphanie Emery (Municipale des écoles et de la culture, Mies),
Résultat du concours
Le bureau italien Nuvolab remporte le concours pour le réaménagement d’espaces publics à Mies. Une articulation des espaces extérieurs sensible à la topographie et au paysage et une organisation interne intelligente ont séduit le jury.
Objectifs du Concours
La Commune de Mies souhaite mettre en valeur le secteur du Sorbier en y implantant un nouvel équipement public mixte et en réaménageant ses espaces publics. Suivant la volonté de regrouper des programmes existants (vestiaires et buvette notamment), la Commune souhaite profiter de cette dynamique pour élargir l’offre de ce pôle d’équipements publics en matière de prestations culturelles, sociales et sportives et de services à l’échelle communale, voire intercommunale. Le concours vise à recueillir des propositions d’avant-projet pour l’implantation et l'aménagement du nouvel équipement mixte, ainsi que pour le réaménagement des espaces publics du secteur.
Critique des projets (extraits du rapport du jury)
Le jury recommande au Maître de l’ouvrage de confier aux auteurs du projet AMUSE-TOIT (…)
Le jury recommande aux auteurs du projet AMUSE-TOIT dans le cadre de la poursuite du projet d’approfondir les éléments suivants:
- une affirmation plus forte des caractéristiques du traitement paysager du parc Sportif;
- un redimensionnement et une optimisation de la placette au Sud;
- un approfondissement de la réflexion sur le stationnement et le traitement des limites des espaces circulés;
- un travail sur l’organisation interne des bâtiments et sur la répartition des programmes entre bâtiment principal et secondaire.
1er rang, 1er prix: projet «AMUSE-TOIT»
La proposition reconnait les qualités paysagères du site et les amplifie en conservant le dégagement visuel en direction du Jura et vers les Alpes, et en prolongeant le cordon boisé existant de la Vy des Tschioquants à travers le parc sportif. La reconnaissance de cette structure paysagère permet d’implanter les volumétries bâties de manière judicieuse en offrant un système articulé de deux places, entre le parvis de l’école et les terrains de sport. La nouvelle promenade plantée au centre des terrains sportifs accueille les gradins publics et se prolonge jusqu’au skate-park, dont la nouvelle implantation associée à un travail de modelé topographique semblent prometteurs. Jardins potagers et nouveaux terrains de tennis sont ensuite répartis le long d’une fine promenade en boucle dont le flanc Ouest assure la transition avec l’espace agricole par des plantations associées aux vergers, alors que sa partie Est, plus paysagère, accepte le caractère des jardins privés qui la borde. Par une implantation frontale face à l’école et par l’organisation en deux places, la proposition assume et organise de manière claire les contraintes spécifiques liées au fonctionnement scolaire. On retrouve au Nord un espace vivant et circulé, au Sud un lieu calme et apaisé, bénéficiant de l’ouverture visuelle vers le grand paysage et accompagné d’espaces de jeu. L’ensemble offre un bel enchainement d’espaces publics où les combinaisons possèdent un réel potentiel en terme de synergies d’usage.
Le programme est réparti en deux bâtiments, permettant de minimiser l’impact de la volumétrie générale. Cette recherche d’intégrations conduit à une coupe originale ou la hauteur de la salle est judicieusement réduite par le traitement d’une couronne plus basse, abritant les services et les locaux associatifs. A l’articulation des espaces extérieurs fait écho une organisation interne intelligente, où les différentes parties du programme sont réparties en éventail autour de la salle polyvalente et accessibles depuis la place. Le foyer s’ouvre sur la place et fait face au restaurant. L’ensemble est riche et possède lui aussi un potentiel d’affinement.
2e rang, 2e prix: projet «NAERUM»
Le projet se structure selon trois thématiques fortes: le Parc, la Place et la Grande Salle. Les différentes fonctions et programmes sont disposés à la manière d’un jeu libre de surfaces et volumes programmés, posés aléatoirement dans un parc public. Le projet organise la centralité de la place, en articulant les rapports entre l’école et le futur projet. Cette centralité se matérialise dans un espace à la fois contenu par les bâtiments qui la bordent et perméable au regard et à la déambulation permise par ses interstices. L’entier des places de stationnement est concentré en surface à l’Est par souci d’économie de moyens. L’espace de la Place est bordé par des bancs, couvert à vélo, couverts public, bistro-restaurant, terrains de pétanque, etc. La Place permet la giration des bus par la limitation du trafic traversant, et peut servir ponctuellement d’espace pour accueillir des événements: marchés, fêtes, etc. Dans un même esprit d’économie, la Grande Salle ne propose aucun sous-sol et vient se poser à la manière d’un grand couvert sur l’espace public, en déclinant à l’intérieur la matérialisation en asphalte coloré de la Place. Le volume est simple, presque archaïque, par analogie à l’expression vernaculaire des hangars agricoles. Le rez est entièrement transparent, proposant de multiples ouvertures pour lier intérieur et extérieur, et ouvrir les programmes de la Grande Salle vers la Place (bistro-restaurant) et le Parc (salle polyvalente). Le reste du programme bâti (salles de sociétés, vestiaires, etc.) se déploie sur les trois étages sur rez du noyau articulant le dispositif de circulation verticale.
Le jury apprécie la force de la proposition, concentrant l’entier des programmes dans un seul volume et la modestie de l’expression choisie. Toutefois la position louable en matière d’économie, de refuser toutes excavations, péjore le projet. Si la proposition de concentrer l’entier des stationnements à l’Est est sur le principe appréciée, le nombre de places implique une emprise très forte du parking, repoussant le bâtiment au Nord-Ouest. De la même façon, si le concept de chambres vertes posées librement dans le Parc est séduisant, sa formalisation dans le plan masse et la réalité des dimensions réduites des interstices proposées, péjorent le projet. En conclusion, le jury apprécie l’expression simple et radicale proposée par le projet sous la forme d’un grand « hangar » vernaculaire, tout comme la polyvalence de l’espace de la Grande Salle de plain-pied avec l’espace public. Il regrette toutefois que le choix de ne pas excaver contraigne la gestion du programme autour du noyau central à une congestion parfois peu qualitative de la typologie (pex. espace en couloir du bistrot), et rajoute par ce choix, de la lon- gueur et de la hauteur au bâtiment, en affaiblissant en conséquence la justesse de son rapport d’échelle à son contexte.
3e rang, 3e prix: projet «FAIRE PLACE»
Le projet propose une place étendue, cadrée par une collection de trois bâtiments de volumétrie réduite. La fragmentation du projet crée une place de forme discontinue dont chaque recoin est qualifié par un élément de programme. La grande place minérale est caractérisée par une dissémination des activités, ce qui assure sa perméabilité au niveau des cheminements et des relations visuelles avec le centre sportif. La composition créée par les trois émergences permet d’obtenir une placette d’entrée agréable qui fait pendant à celle de l’école. Cependant, les éléments de mobilier et d’équipement urbain sont dispersés de manière trop aléatoire sur la place, qui n’offre que peu d’espaces ombragés. La hauteur limitée de l’ensemble des bâtiments s’intègre harmonieusement au contexte. Néanmoins la présence des toitures est tout de même affirmée, notamment celle de la salle polyvalente qui fait face à la terrasse du restaurant et masque l’ouverture de la vue vers les champs.
Le nouveau complexe de bâtiments crée une vitrine agréable sur la place. Cependant, l’entrée de la salle polyvalente par un petit volume en retrait ne favorise pas la lisibilité spatiale du projet. Par ailleurs, le choix de placer la salle polyvalente et ses annexes en sous-sol semble problématique, car cela diminue les possibilités d’utilisation en supprimant les prolongements extérieurs possible lors de fêtes ou de marchés. Ce parti pris créé une rupture entre la salle et la continuité du sol urbain. En revanche, les locaux d’associations et le restaurant sont en relation privilégiée avec la place grâce à leurs accès de plain pied. L’implantation du restaurant lui donne l’opportunité de bénéficier d’orientations multiples, mais sa relation avec le centre sportif est contrée par la façade Sud fermée. La proposition de boiser densément la limite Ouest du stade entrave le soleil couchant des villas avoisinantes. La liaison au sous-sol entre le parking, la salle polyvalente et son foyer/cuisine, et les locaux de stockage présente certains avantages, mais la différence de niveau entre le parking et les autres locaux provoque malgré tout un obstacle. L’important volume d’excavation couplé avec un développement de façades conséquent rend le projet relativement coûteux. La proposition est particulièrement appréciée pour sa poétique, son expression architecturale modeste, ses volumes et son approche respectueuse de l’identité du contexte existant.