Réalisation d’un nouvel établissement pyscho-social médicalisé à Château-d’Oex
Procédure ouverte
5 Grand Rue, 1660 Château-d’Œx
Publication
20.03.2018
Maître d'ouvrage
Fondation Cogest'ems
Galerie
Maître d'ouvrage & jury
Jury professionnel
- Alexandre Clerc (Architecte HES, Fribourg),
- Marie Gétaz (Architecte EPFL / SIA / ESAA, Vevey),
- Diane de Pourtalès (Architecte EPFL, Service des assurances sociales et de l’hébergement, SASH),
- Helko Walzer (Architecte SIA, Berne),
- Denis Woeffrey (Architecte HES / FAS, Monthey),
- David Jordan (Architecte HES, Vevey),
Jury non professionnel
- Serge Gétaz (Directeur Général),
- Vincent Chappuis (Directeur des Soins),
- Daniel Martin (membre avec droit de vote),
- Michel Vincent (Président du conseil de la Fondation),
- Fanny Paschoud (Marketing / Communication),
Résultat du concours
Le bureau SIEGRIST THEUBET ARCHITECTES de Bienne a réussi à convaincre le jury par un parti pris clair – celui du hameau et de la domesticité –, une disposition favorable aux espaces publics et une matérialité affirmée.
Objectifs du Concours et résumé du programme
La fondation Cogest’ems entend développer pour ce projet une capacité totale d’hébergement de 43 lits :
- 15 lits avec mission de maintien pour de la psychiatrie vieillissante
- 28 lits avec mission de maintien des acquis et réhabilitation (répartis en deux unités de 14 lits) Elle entend aussi centraliser l’administration de la Fondation dans ce nouveau bâtiment.
Recommandations du jury
À l’unanimité, le jury recommande au maître de l’ouvrage de poursuivre l’étude du projet n° 31 «COMME À LA MAI- SON», classé au premier rang.
Pour le développement du projet lauréat, le jury formule, à l’unanimité, les recommandations suivantes:
- approcher du programme définit quant au nombre de chambres dans l’unité de psychiatrie-vieillissante,
- rationaliser le sous-sol,
- exploiter les espaces avec dégagements extérieurs pour les locaux d’entretien et de colloques,
- appliquer strictement les normes SIA 500 et DAEMS pour les salles de bain des unités,
- conserver les qualités intrinsèques de la cour dans le développement du projet,
- vérifier les accès et distributions du parking souterrain.
Critiques des projet (extraits du rapport du projet)
1er rang, 1ère mention, COMME A LA MAISON – Siegrist Theubet architectes
Par la fragmentation du programme de l’EPSM en trois entités indépendantes, l’auteur du projet affirme clairement ses choix. D’une part, un choix d’appartenance du nouveau bâtiment au hameau plus qu’au pôle santé, d’autre part souligner et renforcer le côté domestique par rapport à l’institutionnel.
Il en résulte l’implantation libre de trois volumes de dimensions modestes, subtilement différenciés dans leur taille et leur hauteur, disposés autour d’une rue/place, espace extérieur de référence de la composition, décrivant sans équivoque la notion de maisonnée recherchée.
(…)
Chaque maison reçoit sa propre entité. Les deux maisons identiques reçoivent chacune une unité de vie de psychiatrie adulte, organisée de la même façon; au rez-de-chaussée les espaces communautaires de l’unité et au-dessus, deux niveaux identiques de chambres. L’unité de vie avec mission de maintien pour de la psychiatrie vieillissante prend place dans la troisième maison, au premier étage pour les espaces communautaires, au deuxième et troisième étage pour les chambres, le rez-de-chaussée de cette maison accueillant l’administration de l’institution. Une connexion en sous-sol permet de régler les déplacements du personnel, ainsi que tous les raccordements techniques.
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L’auteur du projet imagine une construction massive en béton recyclé, habillée d’une façade ventilée, revêtue d’un crépi minéral, choix cohérent en regard à la morphologie bâtie proposée.
Les ouvertures en façade jouent habilement de cette massivité, animant par de subtils décalages les extérieurs, et affirmant par leurs changements d’échelle les espaces intérieurs qu’elles éclairent.
2ème rang, 1er prix, CHEMIN PARTAGE – Suter Sauthier architectes SA & Transversal architectes
L’auteur du projet propose une séparation du programme dans deux corps de bâtiment a n de respecter l’échelle des constructions environnantes. Il connecte ces deux ouvrages tant au village qu’au pôle santé par un chemin piétonnier qui devient la colonne vertébrale du projet.
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La structure des dalles et des murs est réalisée en béton avec des piliers métalliques en bord de dalles. Les éléments de façades sont réalisés par des ossatures préfabriquées, revêtues de bois, qui interroge le jury tant sur l’expression architecturale que sur ce choix de matérialité en rapport avec les distances de sécurité incendie entre les deux bâtiments.
Le jury apprécie l’organisation générale du projet, principalement par l’interprétation des maisonnettes qui confère à l’institution un caractère domestique et non celui d’un établissement médico-social.
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3ème rang, 2ème prix, WHY NOT? – RBCH, architectes
La volumétrie simple du projet cherche une échelle entre le voisinage villageois, les futurs bâtiments de l’EMS Praz- Soleil et l ́hôpital du Pays-d’Enhaut. La réponse volumétrique constituée de deux corps en décalage génère avec évidence des zones extérieures à caractères différents.
Le projet travaillant en plan et en coupe, a su intégrer la pente aussi bien dans son volume que dans la répartition du programme. En découle des hauteurs modérées et les objectifs du PPA sont respectés.
La réponse volumétrique permet un zonage convaincant des espaces extérieurs. Les visiteurs accèdent au bâtiment par la façade nord, après avoir traversé une place d’accueil. La pente naturelle du terrain permet d’accéder au parking souterrain en longeant la façade est. Cependant, le parking extérieur ne répond pas à la norme VSS. Au sud, une promenade piétonne à travers le verger et le jardin mène à une seconde place, plus privée.
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Le plan proposé est aussi bien approfondi que flexible. Il respecte un schéma qui permet d’un coté une organisation spatiale claire et d’un autre coté la flexibilité nécessaire aux espaces pour éventuellement accueillir de nouvelles fonctions.
La simplicité évidente du plan se traduit également dans la matérialité du projet. Les façades en tavillons de bois semblent appropriées au site. Par ailleurs, le projet est d ́un point de vue constructif rationnel et efficace. Les matériaux proposés (bois, béton, béton recyclé), le volume compact du bâtiment ainsi que la proportion modérée des surfaces vitrées, laisse penser qu’une réalisation en Minergie Eco est tout à fait plausible.
Dans l’ensemble, le jury salue l'organisation spatiale réussie dans un bâtiment unique, mais constate que ce parti pris ne répond pas suffisamment aux attentes du maître d’ouvrage en terme de privatisation des unités et sécurité des habitants.
4ème rang, 3ème prix, NARCIS ET NEMESIA – Fournier_Maccagnan
Le jury apprécie particulièrement l’implantation et les proportions compactes des 2 bâtiments, qui permettent une bonne intégration de l’EPSM dans le tissu bâti en l’associant à l’échelle de l’habitation.
La zone de parking située sur le haut du terrain, permet de contenir les voitures dans l’entrée du site et de libérer agréablement le reste du site pour les résidents et le pro- gramme de l’EPSM.
Cependant, le jury constate qu’une partie de ces places extérieures se situent dans la zone de verdure, ce qui ne respecte pas le PPA que le solde des places demandées se situent dans un parking souterrain dont l’accessibilité en l’état semble peu réaliste.
Au centre de la parcelle, une place bordée des 2 bâtiments réunit les entrées indépendantes de chaque unité de vie et de l’administration. Elle forme le cœur de l’EPSM en mettant en relation l’ensemble de ses activités.
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Si la place réunissant les entrées est convaincante, les halls permettant l’accès aux unités et à l’administration n’ont pas les mêmes qualités. L’administration, concentrée sur l’étage d’accès, fonctionne bien. Dans la mission de maintien et réhabilitation, la mise en relation des entrées et des espaces d’entretien et de soins est également cohérente. Par contre, il est regrettable que l’entrée de la psychiatrie vieillissante forme un sas d’accès aux niveaux inférieurs ou supérieurs, où se développe le programme d’héberge- ment et que cette mission soit déconnectée de ce centre de l’établissement.
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Concernant la matérialisation, la volonté d’intégration du projet que l’on a trouvée dans son implantation et sa volumétrie, se retrouve dans son expression de façade, en revisitant agréablement et de façon contemporaine l’architecture traditionnelle en bois de la région.
5ème rang, 2ème mention, FAON – Office Oblique - Sarah Haubner, Konrad Scheffer
Le projet propose l’implantation d’un volume compact à la façade pliée. Ce dernier dé nit clairement deux zones extérieures : un jardin appropriable et accueillant sur lequel s’engage la promenade piétonne au sud-ouest de la parcelle et une zone réservée au stationnement et à l’entrée au nord-est du site.
Le parti pris de ne pas proposer de parking souterrain, mais uniquement des places de stationnement en surface, est intéressant mais pose la question de la faisabilité normative d’un tel dispositif dans la pente. D’autre part, ce choix a pour conséquence la proposition d’une séquence d’entrée peu convaincante où la seule allée d’accès piéton au nord se fait au travers du parking.
Le jeu de façade, composé d’un bardage en bois et de modules de fenêtre unique qui se déroulent sur toutes les faces du volume avec la même logique, confère au bâti- ment une expression unitaire et claire. L’utilisation du bois et le jeu proposé du calepinage réduit la masse avec simplicité.
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En conclusion, la contrainte de la pente, finalement trop peu prise en compte par les auteurs du projet, met en crise la pertinence du dispositif d’entrée aussi bien piéton qu’automobile.
Si le jury apprécie le caractère d’évidence et la simplicité de la proposition, il déplore cependant le fait que le plan proposé réponde plus à une typologie d’EMS qu’à celle souhaitée par la fondation de maisonnées. Les futurs utilisateurs ont donc de la peine à se reconnaître dans l’ex- pression institutionnelle de la proposition.
Du point de vue réglementaire, le volume du bâtiment, plus précisément la hauteur de sa toiture, déroge au règlement du PPA.