Police Internationale et Centre Fédéral de Requérants d’Asile
Offenes Verfahren
1 Chemin du Bois-Brûlé, 1292 Chambésy
Publikationsdatum
14.03.2018
Auftraggeber
Etat Genève et Confédération Suisse
Galerie
Auftraggeber & Jury
Fachrichter
- Pierre-Alain Dupraz (architecte ETS/FAS, Genève, président),
- Francesco Della Casa (architecte cantonal de Genève, vice-président),
- Eric Frei (architecte EPF/SIA/FAS Lausanne),
- Gabriela Mazza (architecte EPF/SIA, Zurich),
- Floriane Robert (architecte EPF/SIA, Lausanne),
- Rolf Seiler (architecte EPF/SIA Genève),
- Christophe Lacaste (ingénieur CVSE, Genève ),
- John-Alexandre Magnin (ingénieur civil, Genève),
- Lorenz Bettler (architecte HTL, OFCL),
- Marie Gétaz (architecte EPF/SIA, Vevey),
- Louis Neermann (architecte EAUG, OBA, Etat de Genève),
Sachrichter
- Maria Drifi (Etat-major Centres fédéraux, cheffe de projet SEM),
- Jean-Jacques Gerster (architecte, directeur du service des bâtiments de la police, Etat de Genève),
- René Duvillard (directeur général, OBA, Etat de Genève),
- Barbara Suter (architecte EPF, cheffe de secteur OFCL),
- Anton Werren (chef de secteur sécurité et immobilier SEM),
- Frédéric Progin (police internationale, Etat de Genève),
Wettbewerbsresultat
Le présent concours est un concours d’architecture à un degré conforme au règlement SIA 142 pour la construction d’un bâtiment pour la Police International et autre services et d’un bâtiment pour un centre fédéral pour requérants d’asile situés entre le site du tarmac de l’aéroport et la zone industrielle en devenir de la Commune du Grand-Saconnex.
Objectifs du Concours et résumé du programme
Il s’agit d’un concours pour la construction de deux équipements distincts.
Bâtiment pour l’Etat de Genève: à dominante administrative, ce bâtiment regroupe diverses entités actuellement réparties dans les environs de l’aéroport:
- La Police Internationale (PI)
- Le centre de coopération policière et douanière (CCPD)
- Le centre de détention administrative de Bois-Brûlé
Bâtiment pour la Confédération (CFA): le Centre Fédéral de Requérants d’Asile (CFA) aux fonctions d’attente et de départ est un des centres fédéraux hébergeant les requérants d’asile pendant une durée de 140 jours au maximum. Il comprend une zone d’entrée, une zone dortoir ainsi qu’une partie administrative.
Les maîtres d’ouvrage désirent que les deux bâtiments garantissent le bien-être des occupants tout en assurant la sécurité des biens et des personnes. La qualité des espaces communs tant extérieurs qu’intérieurs est à ce titre déterminante. L’architecture doit être ef cace et rationnelle sans pour autant perdre en qualité spatiale.
Recommandations du jury
Le jury est convaincu que le projet n°14 Philémon et Baucis, désigné à l’unanimité pour le 1er rang, 1er prix, possède toutes les qualités et les potentialités requises pour répondre aux attentes des maîtres de l’ouvrage.
A l’unanimité, le jury recommande aux maîtres de l’ouvrage d’attribuer le mandat d’étude et de réalisation à ce projet.
En vue de la réalisation du projet lauréat Philémon et Baucis le jury formule les recommandations suivantes :
- L’organisation des éléments programmatiques de la Police Internationale doit être précisée et retravaillée.
- Le jury encourage la poursuite de la réflexion pour développer au mieux le système structurel et les éléments de façade.
- La pertinence de la présence formelle et la fonction de la superstructure devront être vérifiées.
Critiques des projets (extraits du rapport du jury)
1er rang – 1er prix: PHILÉMON ET BAUCIS (Berrel Berrel Kräutler, Zurich / Dr. Neven Kostic / Amstein + Walthert)
Le projet Philemon et Baucis présente une réalisation qui compose avec le site et ses contraintes, à l’image du couple des héros grecs du même nom. Les volumes s’enracinent et s’intègrent dans le contexte de manière optimale, sans qu’aucun espace extérieur résiduel ne soit produit. La circulation des véhicules et des piétons est maitrisée, les flux sont clairement organisés et ne nuisent nullement à l’aménagement des espaces extérieurs de type jardin.
Le projet comporte deux entités distinctes, un bâtiment «barre» et un bâtiment «plot», reliées par un généreux parvis d’entrée qui accueille le parking visiteurs et abrite un parking souterrain. L’implantation du projet tire parti de la topographie du lieu. Les accès publics aux deux bâtiments, distribués par le parvis, sont aménagés au rez supérieur. Le hall d’entrée public traversant s’ouvre sur le tarmac grâce à une large baie vitrée.
Le rez inférieur du bâtiment de la police internationale (PI) comprend le secteur de détention qui profite d’un accès de plain-pied au sud-ouest de la parcelle. Le rez inférieur du centre fédéral pour requérants d’asile (CFA) accueille le réfectoire qui bénéficie de généreux prolongements extérieurs aménagés sous la canopée des arbres existants à l’est du site.
(…)
Le jury apprécie la justesse de l’implantation. Le projet démontre avec maîtrise que la présence du tarmac, loin d’être une nuisance dont il faut se protéger peut devenir un élément avec lequel il est possible de composer. Les deux bâtiments prennent le risque de s’ouvrir de part et d’autre de la parcelle : le long de la route du Bois-Brûlé et le long du tarmac.
Le projet réussit son pari. Il souligne cette double orientation dans l’expression différenciée des façades: le long du tarmac, les façades semblent appartenir au même équipement et s’unissent; côté rue par contre, les bâtiments sont clairement distincts.
Le jury relève la grande qualité du projet, en particulier l’efficacité de son organisation et l’excellente intégration au contexte, si spécifique, entre aéroport et future zone industrielle. Le projet offre une architecture développée pour le confort des utilisateurs. Il est aisé de se projeter dans les espaces proposés, qui permettent tous une polyvalence d’usage, et dont le traitement démontre soin et gran- de maîtrise de la part des concepteurs.
2e rang – 2e prix: JET LAG (COMAMALA ISMAIL ARCHITECTES / Muttoni & Fernández Ing. Conseils / SUISELECTRA Ingenieurunternehmung)
Le projet se propose de répartir les deux éléments du programme, police internationale (PI) et centre fédéral pour requérants d’asile (CFA), en deux bâtiments clairement identifiables par leur géométrie simple, un cercle et un carré, reliés par une esplanade rectangulaire. Vue d’avion, soit pour la plupart des voyageurs atterrissant ou décollant de Genève-aéroport, ces édifices expriment une neutralité formelle non connotée, correspondant au paysage aéroportuaire. Ce choix de considérer les équipements du concours comme des éléments appartenant à l’aéroport est si marqué qu’il induit une faible reconnaissance de l’environnement direct. Les aménagements extérieurs des deux équipements ne sont pas affichés comme deux entités, ils se perdent un peu l’un dans l’autre.
La question des accès aux bâtiments est résolue au moyen de deux passerelles, qui ne sont pas d’un usage aisé, en particulier pour le CFA dont la fréquence quotidienne d’entrées et de sorties est importante.
Cette expression géométrique, commune à toutes les cultures, affiche une dimension universelle indépendante des fonctions qu’elle a à remplir, de manière équitable et respectueuse de chacune des destinées individuelles qui ont à s’y inscrire. Elle tend donc à exprimer des valeurs humanistes par le moyen de l’architecture.
D’un point de vue fonctionnel, l’abstraction géométrique de ces deux édifices offre une efficacité remarquable, tant dans leur rapport à l’environnement difficile dans lequel ils s’insèrent que dans leur organisation intrinsèque. Si le jury apprécie cette proposition radicale, il s’interroge néanmoins sur la valeur, la place et la pertinence de la troisième forme géométrique, le rectangle, qui propose une vaste esplanade aménagée en un parking peu qualitatif.
3e rang – 3e prix: OUVERTURE (architech / AB Ingénieurs / SRL Engineering, Ingénieurs – Conseils Scherler)
Le projet s’implante naturellement dans le site, parallèlement à la piste de l’aéroport, et propose des espaces extérieurs généreux. Deux volumes sont installés sur une esplanade commune de béton, décalés l’un par rapport à l’autre. La composition définit et organise efficacement l’ensemble des espaces extérieurs. L’implantation en retrait par rapport à la route du Bois Brûlé du bâtiment de la police internationale (PI) participe à sa protection.
Le long de cette même route, un filtre végétal renforce l’intimité de l’ensemble des programmes. Les accès tant au parking souterrain qu’aux différentes entrées, s’organisent dans le respect des flux de circulation.
La géométrie des volumes et leurs dimensions répondent à leur organisation intérieure. Sans chercher à se ressembler, les deux bâtiments établissent un dialogue. L’esplanade, la systématique de l’organisation des plans et le traitement des façades suffisent à signifier l’homogénéité de l’urbanisation de la parcelle. Le travail sur la topographie est habilement mené et permet de proposer des espaces extérieurs de qualité, en particulier du côté de la piste de l’aéroport.
(…)
D’une manière générale, la typologie des bureaux proposée pour chacun des deux équipements ne répond pas aux attentes des utilisateurs.
Si, en plan, les auteurs ne se soumettent pas au jeu de la similitude à tout prix et valorisent une réponse adaptée à chaque programme, l’unité recherchée en façade apparaît par contre forcée.
Loin de rappeler le code institutionnel, le langage affiché par les élévations des deux équipements est domestique, et semble inadapté au programme de la PI. Ce traitement similaire des façades a toutefois l’avantage de permettre une réalisation intéressante en matière de coûts de construction.
(…)
Le jury apprécie la justesse du projet dans son implantation. Son apparente simplicité est enrichie par une intéressante conception spatiale. La valorisation des circulations autour de patios rend la pro- position attrayante. Le projet OUVERTURE défend un parti qui met l’accent sur les valeurs d’usage.
4e rang – 4e prix: RUBIK (meier+associés architectes / Ingegneri Pedrazzini Guidotti Sagl / SB Technique SBt)
L’implantation du projet est caractérisée par trois bâtiments de tailles différentes. Deux d’entre eux sont alignés le long de la route du Bois-Brûlé, alors que le troisième se décale vers la piste de l’aéroport. La composition dégage une cour commune aux deux programmes du concours, qui distribue les entrées de la police internationale (PI) et du centre fédéral pour requérants d’asile (CFA).
Cette disposition alternée des volumes contribue à préciser la position des espaces extérieurs et à différencier clairement leur fonction, avec notamment le jardin du CFA d’un côté et la cour des véhicules de la PI de l’autre.
Il en résulte une bonne intégration dans le site et un rapport équilibré des pleins et des vides.
Le traitement topographique est simple et efficace, avec des mouvement des terres, limités et contrôlés.
(…)
Cette implantation en peigne et cette répartition du programme en trois volumes impliquent cependant une importante occupation du sol et impactent fortement les espaces extérieurs. Le dégagement proposé pour le bâtiment du CFA est trop exigu, sa qualité encore amoindrie par la présence de la route d’accès qui le contourne.
Par ailleurs, les bureaux d’encadrement situés au premier étage sont trop étroits et ne sont pas exploitables.
(…)
Si le jury reconnaît la volonté conceptuelle de se distancer de la simple dualité programmatique en proposant une composition faite de trois bâtiments qui s’insèrent subtilement dans le site, il se questionne cependant sur la situation particulièrement exposée du réfectoire et de la salle de gymnastique, dont la mise en scène évoque une image trop publique et presque vulnérable.
Il doute, d’une part, de la possibilité d’une relation de ce bâtiment avec le CFA et regrette, d’autre part, la fragilité de la galerie qui le lie avec la PI. Cette disposition nuit malheureusement à la dissociation souhaitée des deux programmes.
5e rang – 5e prix: LAURYN HILL (Lacroix Chessex / Ingeni Genève / Ingénieurs – Conseils Scherler)
L’implantation de deux bâtiments de gabarit similaire se fait de manière douce, s’insérant dans la pente naturelle du terrain.
Le projet tire profit de la topographie, qu’il exploite judicieusement en installant un parking souterrain organisé en demi-niveaux, limitant ainsi le volume d’excavation.
Lauryn Hill propose deux bâtiments autonomes, au plan rayonnant, disposés de part et d’autre de la parcelle. Leurs volumes compacts s’organisent autour de patios intérieurs végétalisés.
Si les équipements sont parfaitement distincts et sans rapport fonctionnel entre eux, ils développent un dialogue harmonieux, adoptant un langage commun: gabarits, traitement des façades, typologie similaires.
Le généreux dégagement entre les deux bâtiments qui résulte de l’implantation accueille l’ensemble des accès ainsi que le stationnement arborisés, orienté vers le Jura.
Ce dégagement commun se prolonge en balcon sur les espaces extérieurs situés en contre-bas: le jardin du CFA et le parking des véhicules spéciaux de la PI avec accès au tarmac.
Une unité se dégage de l’ensemble, pourtant les façades sont subtilement modulées. Leur matérialité est identique pour les deux équipements, mais leur traitement est adapté et reflète la fonction, soit institutionnelle, soit domestique. La nuance réside dans les détails des contrecœurs et des fenêtres.
Les espaces extérieurs couverts, comme creusés dans les volumes, caractérisent les différentes entrées des deux bâtiments.
(…)
La volonté des auteurs est d’établir un dialogue entre les deux équipements, tout en préservant leur autonomie, leur intimité. Le projet se nourrit de cette relation antagoniste qui tend à la fois à relier et à distinguer. Il réussit à construire une unité en prenant soin de choisir une homogénéité des façades et des volumes. Malheureusement la décision d’utiliser des typologies similaires en plan apparaît forcée et n’apporte pas de qualités supplémentaires. L’organisation du plan de la PI est contrainte dans ses tentatives de similitudes et est largement en deçà de l’organisation du CFA que le jury a beaucoup apprécié.