Nouveau bâtiment des Sciences de la Vie sur le site de Dorigny de l’Université de Lausanne
Procédure sélective
Campus de dorigny, 1015 Lausanne
Publication
10.02.2017
Maître d'ouvrage
Etat de Vaud, DFIRE, SIPaL
Galerie
Maître d'ouvrage & jury
Jury professionnel
- Emmanuel Ventura (Architecte, Etat de Vaud, DFIRE-SIPaL, Architecte cantonal),
- Philippe Pont (ARCHITECTE, ÉTAT DE VAUD, DFIRE-SIPAL, CHEF DE SERVICE),
- Jean-Pierre Dürig (Architecte, Dürig AG, Zürich),
- Marc Angélil (Professor for Architecture and Design, ETH DARCH, Zurich),
- Jeannette Kuo (Architecte, KARAMUK KUO, Zurich),
- Guillaume Henry (Architecte, FRUEHAUF, HENRY & VILADOMS, Lausanne),
- Olaf Hunger (Architecte, MPH architectes, Lausanne),
- Olivier Andreotti (Architecte, Etat de Vaud, DFIRE-SIPaL, Responsable domaine projet),
- Jean-Gilles Décosterd (Architecte, Jean-Gilles Décosterd architectes, Lausanne),
- Christina Zoumboulakis (Architecte, farra & zoumboulakis architectes, Lausanne),
- Enrique Zurita (Ingénieur, Weimann-Energies SA, Echallens),
Jury non professionnel
- Chantal Ostorero (ÉTAT DE VAUD, DFJC-DGES, DIRECTRICE GÉNÉRALE),
- Nouria Hernandez (UNIL, Rectrice désignée),
- Benoit Frund (UNIL, Vice-recteur durabilité et campus),
- André Schneider (EPFL, Vice-président pour les ressources et infrastructures),
- Alexandre Roulin (UNIL - FBM, Président Section des sciences fondamentales),
- Liliane Michalik (UNIL - FBM, Ecole de Biologie, Vice-directrice),
- Ariane Baechler (Etat de Vaud, DFJC-DGES, Directrice générale adjointe),
- Yann Jeannin (UNIL - Unibat, Directeur),
- Pierre Gerster (EPFL, DII - Management, Délégué domaine immobilier et infrastructures),
- Jovan Mirkovitch (UNIL - FBM, Département formation et recherche, Directeur administratif),
- Pascal Vuilliomenet (EPFL - VPIV, Projets Stratégiques),
Résultat du concours
Baukunst et Bruther remportent le concours pour le nouveau bâtiment en développant une typologie innovante tout en poursuivant le mode d’implantation historique du campus.
Objectifs du Concours
L’objet du présent concours est un nouveau bâtiment de laboratoires pour la Faculté de Biologie et de Médecine (FBM) de l’Université de Lausanne (UNIL) et de locaux de travaux pratiques pour l’UNIL et l’EPFL. La structure accueillera les programmes qui nécessitent des locaux, installations et équipements spécifiques, en lien avec la recherche et l’enseignement. Sa construction s’inscrit dans la stratégie de développement du domaine des Sciences de la Vie, soutenue par le Canton de Vaud.
Critique des projet (extraits du rapport du jury)
Le jury recommande au maître d’ouvrage de poursuivre l’étude du projet no 15 «23071933», dans une perspective de dialogue entre son auteur et les différents partenaires de cette opération.
1er rang, 1er prix: projet «23071933»
Du point de vue de la construction du territoire, le projet mise plus sur la valeur infrastructurelle du bâtiment que sur l’action limitée et localisée de la forme urbaine. L’implantation du bâti, tout en s’inscrivant dans les continuités visuelles et paysagères propres au campus actuel anticipe l’évolution de la Méridienne comme axe structurant appelé à se renforcer dans le temps et par l’usage. Il anticipe également un maillage de constructions qui pourrait, le moment venu, restructurer le site.
(…)
La spatialité proposée pour le bâtiment des Sciences de la Vie s’inscrit dans l’exacte continuité des réflexions territoriales engagées; elle se veut flexible et évolutive. Quand les auteurs parlent du programme actuel, ils sous-entendent avec clairvoyance que celui-ci est temporellement transitoire.
Le projet affirme avec l’écriture de l’espace que l’apprentissage et la recherche sont prioritairement des activités collectives et collaboratives. Ou pour le dire en un mot: un climat d’étude.
(…)
La force et le courage de la proposition architecturale du projet 23071933 que le jury souhaite reconnaître et saluer est une forme de recherche qui ne s’appuie pas sur les typologies informelles et bonnes à tout faire et préfère s’élaborer à partir des spécificités de l’espace d’enseignement académique.
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2e rang, 2e prix: projet «Aura»
Le projet Aura, très attentif au contexte bâti et aux enjeux territoriaux de la question posée par le concours résout cette problématique complexe avec une maîtrise et une autorité remarquable. Les moyens pour y parvenir sont simples, efficaces et d’une grande économie formelle. Pour autant, par quelques réactions subtiles aux points stratégiques du site, la simplicité sait échapper à la simplification et au schématisme autant qu’à une radicalité ostentatoire. Le projet tend à une rationalité organique intéressante et tempérée.
(…)
Sans surjouer le discours sur le grand paysage, ni s’égarer dans des réflexions bucoliques sur la couleur des fleurs, le projet ne tourne pas non plus le dos à cette dimension du site. Il lui fait une juste place: après la construction du territoire.
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La qualité des espaces intérieurs s’accorde à la pertinence et à la précision des espaces extérieurs. La simplicité de moyens prévaut, le plan est aéré, les dégagements là où on les attend, au service des rencontres, au croisement de la recherche et de l’enseignement. Le projet met simplement en espace la notion-même de synergie souhaitée par le maître d’ouvrage.
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3e rang, 3e prix: projet «Johan Auwerx»
Rompant avec la logique d’implantation pavillonnaire et éparse des bâtiments universitaires, les auteurs postulent que la logique qui a prévalu à la construction initiale du site est arrivée à un stade critique; elle n’est plus en rapport avec l’échelle du site tel qu’il se densifie et elle n’est plus en rapport avec le temps dans lequel on vit.
Sauf à cultiver des images bucoliques surannées inspirées des gravures paysagères du XVIIIe siècle, la construction responsable du territoire appelle ici un changement de paradigme territorial.
Les rapports d’échelle vis-à-vis des bâtiments existants sont maîtrisés et cette densification ne se paie pas du prix de la promiscuité.
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Spatialement, les qualités du projet sont à chercher dans une alternance tempérée de densités et de respirations; au confinement et à l’artificialité des espaces de laboratoire répondent les ouvertures à l’air libre des patios, dans la densité rationnelle des plans d’étage, s’égrainent régulièrement des espaces de rencontre et d’échange. Les étages sont plus des variations que des répétitions. Ces modulations spatiales sous formes de variations d’intensités d’espace prennent l’ascendant sur l’ordre nécessairement répétitif des typologies d’étage. Le bâtiment ne se réduit pas à une superposition d’étages répétitifs mais doit se comprendre et surtout se pratiquer comme une famille de clusters relativement autonomes.
4e rang, 4e prix: projet «Campagne»
Les auteurs définissent les enjeux principaux du projet Campagne dans une dimension phénoménologique de la perception appliquée à la contemplation du paysage. A leurs yeux, la mémoire du lieu est réduite à sa représentation romantique et le paysage en est l’acteur central. Si cette interprétation n’est pas inintéressante, elle ne peut faire l’économie d’une réflexion territoriale et non seulement paysagère.<7p>
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Les deux bâtiments qui déclinent respectivement les parts programmatiques de recherche et d’enseignement sont d’une même famille typologique; sans grande fantaisie mais très efficace dans leur rationalité distributive.
Dans les étages, le bâtiment d’enseignement profite heureusement d’un léger sur-dimensionnement des couloirs qui laisse imaginer une appropriation possible de ces espaces, au-delà de leur stricte fonctionnalité. Les perspectives qu’ils ouvrent sur le paysage lointain sont en accord avec le discours des auteurs.
5e rang, 5e prix: projet «Visavie»
Le projet Visavie procède d’une lecture attentive du site, des principes de sa construction au fil du temps et de son inscription plus large dans le contexte des hautes écoles. Forts de cette lecture, les auteurs essaient, à l’aide du projet d’architecture, de créer du lien et de la continuité, en un mot: de s’inscrire en trait d’union entre le tissu construit de l’Epfl et celui de l’Unil.
(…)
Le projet propose une séparation programmatique radicale entre un bâtiment dévolu à l’enseignement et un autre dédié à la recherche, tous deux partagent un foyer commun au rez-de-chaussée. Les deux bâtiments proposent une typologie identique ; les salles s’alignent sur un double couloir central qui circonscrit des locaux de service aveugles. Chaque étage est animé par un espace de rencontre sur double hauteur. Cette respiration est bien- venue mais pas suffisante pour dissiper le malaise d’une typologie excessivement banale qui déroule des couloirs sans fin.
6e rang, 6e prix: projet «Petri»
Le projet Petri se propose de reconduire le principe d’implantation d’un solitaire dans une étendue de nature propre à la constitution du campus jusqu’à ce jour. Cette vision bucolique qui convoque la prairie et les moutons, la nature proche et la paysage lointain comme les permanences territoriales d’une perspective historique univoque fait l’économie de la question qu’elle soulève; ce principe d’implantation qui nécessite un rapport assez dilué de pleins et de vide pour être opérant, confronté à la densification inéluctable du site, est-il toujours viable ou atteint-on avec ce projet la densité critique qui le met en crise?
(…)
Le jury relève le potentiel spatial intéressant de la typologie proposée même si quelques volontés de compositions formelles sont parfois en contradiction avec le propos conceptuel. C’est le cas chaque fois que la flexibilité d’usage des grands plateaux est compromise: ondulation des façades rendant l’ameublement problématique, locaux non standardisés, position des circulations secondaires qui figent le plan. La composition du plan à l’image d’un paysage, à l’aide de groupes de locaux qui s’apparentent à des objets librement disposés, si elle fonctionne bien en l’état, ne garantit pas pour autant les qualités d’évolution et de flexibilité suggérées par ces plateaux généreux.
7e rang, 7e prix: projet «Nexus»
Le projet Nexus intéresse le jury par sa volonté de s’inscrire en trait d’union entre le tissu construit de l’Epfl et celui de l’Unil. Cette intention se vérifie dans l’implantation des masses bâties selon une stratégie assez subtile: au rez, les piles de la structure s’implantent librement et selon une logique pavillonnaire caractéristique du site de l’université alors que le corps supérieur, porté par ces piles massives, adopte le langage et l’orientation principale du complexe polytechnique. Le dispositif connecte efficacement les flux d’utilisateurs, tant au niveau du sol que par la passerelle physiquement liée à l’Epfl.
(…)
Dans tous les cas, le résultat, singulier et spectaculaire, par son emphase expressionniste, questionne la pertinence des catégories du décor et du kitch lorsque celles-ci flirtent avec l’architecture. La chose pourrait se résoudre si de bonnes raisons constructives venaient étayer la proposition formelle. Ce n’est malheureusement pas le cas; les questions structurelles sont plus amplifiées que résolues par le dispositif de dalle épaisse assurant les descentes de charges des étages et la gratuité formelle présente un surcoût et des complications qui peinent à trouver leur place dans la balance.