Logements au quartier du Désert à Lausanne
Procédure ouverte
76 Chemin de Pierrefleur, 1004 Lausanne
Publication
07.09.2016
Maître d'ouvrage
Etablissement d'assurance contre l'incendie et les éléments naturels du canton de Vaud
Galerie
Maître d'ouvrage & jury
Jury professionnel
- Yanick Aeby (Architecte Urbaniste Ville de Lausanne),
- Nicole Christe (Architecte Ville de Lausanne),
- Roberto Pascual (Architecte Bureau Bauzeit),
- Denis Woeffray (Architecte Bureau Bonnard & Woeffray),
- Rémi Becker (Architecte Responsable SIMM ECA),
- Renato Salvi (Architecte, Ville de Sion),
Jury non professionnel
- Daniel Schaer (Directeur financier ECA),
- Yves Diserens (Ingénieur civil Bureau Küng & Associés),
- Patrick Frasseren (Expert cantonal en prévention ECA),
- Fançoise Jaton Gerster (Secrétaire générale ECA),
- Jérôme Frachebourg (Directeur général ECA),
Résultat du concours
Le bâtiment du projet «UN POUR TOUS» répond non seulement à sa situation en fin de quartier, mais aussi à la morphologie existante du terrain.
Objectifs du Concours
L’ECA propriétaire de la parcelle n°20381 de la commune de Lausanne souhaite développer un ensemble d’habitations sur ce terrain de 7’935 m². La parcelle est au bénéfice du PPA légalisé «Le Désert» offrant un potentiel de 12’000 mÇ de planchers dévolus, pour au moins le 80%, au logement. La situation du terrain en fin du développement construit en cet endroit procure aux futurs logements un calme et une orientation de grande qualité.
La destination principale du projet est le logement cependant, la topographie des lieux, la situation en fin de quartier, la relative distance aux activités urbaines et aux services incitent le propriétaire à envisager une réalisation de locaux commerciaux et de services. La proportion des affectations autres que le logement n’excédera pas le 20% des surfaces de planchers. Le programme des constructions sera inclus dans une surface de planchers bruts de 12’000 mÇ au maximum, le maître de l’ouvrage souhaite utiliser au plus près le potentiel constructible du site. Le projet sera conforme en tout point à la réglementation du PPA «Le Désert».
Critique des projets (extraits du rapport du jury)
Les délibérations reprennent et le projet lauréat emerge suite à un tour de table où la majorité plébiscite le projet n°32 UN POUR TOUS qui est désigné lauréat à la majorité.
1. Le potentiel constructible étant inférieur au potentiel du PPA ainsi qu’à la demande, une optimisation est recherchée par le maître de l’ouvrage.
2. Optimiser le ratio entre grands et petits logements.
3. Réfléchir à une augmentation du nombre des places de parc en relation avec le nombre de logements.
4. Le jury recommande au maître de l’ouvrage de confier à l’auteur du projet «UN POUR TOUS» le mandat pour la poursuite des études en vue de sa réalisation, sous réserve des décisions des instances compétentes.
Critiques des projets classés et présentations de projets
1er rang, 1er prix: projet «UN POUR TOUS»
Le bâtiment répond non seulement à sa situation en fin de quartier de par son orthogonalité, et aux échappées visuelles diverses, mais aussi à la morphologie existante du terrain, en préservant l’entier de la butte au Nord, tout en ouvrant un espace public sur le devant, offrant ainsi une vraie respiration aux activités de plain-pied. Le retrait crée une transition avec le chemin de Guillaume-de-Pierrefleur et constitue ainsi un espace public de qualité. Le hall à double hauteur regroupe à lui seul toutes les circulations du complexe, et offer ainsi un lieu riche en rencontres possibles entre tous les utilisateurs. De par sa configuration en coupes, il éclaire abondamment les locaux du rez-de-chaussée à leur arrière, diminuant ainsi visuellement leur profondeur spatiale, et offrant une vraie alternative aux murs aveugles qui les caractérisent normalement.
Le système distributif est subtil et présente des paliers divers et riches en transitions entre l’espace public et les logements, dans une progression allant de l’esplanade jusqu’au hall d’entrée, des volées d’escaliers droits à l’arrière aux cinq cages d’escaliers au premier étage, pour se terminer ensuite dans les appartements.
Les appartements, pour une grande partie d’entre eux, sont traversants, et offrent ainsi une double orientation. Le séjour et la cuisine décalés offrent des perspectives en diagonale intéressantes et permet de les relier tout en les séparant. Par ce système, tout couloir est banni, et la surface habitable est entièrement utilisée. Les petits appartements sont eux essentiellement regroupés au premier étage, la cuisine donnant sur le hall d’accès, ce qui permet d’organiser le ratio des appartements avec une souplesse accrue. En privilégiant la qualité plutôt que la quantité, le projet n’atteint pas le nombre d’appartements demandé. Cependant, il est intéressant de le comparer aux autres, qui s’efforcent de respecter le quota, mais avec une fourchette allant de 10 à 15 appartements qui sont soit mono orientés, soit avec un vis-à-vis sans dégagement, ou encore mal conçus dans la distribution interne de leurs pièces, voire sans balcon ou loggia, et donc difficilement louables. Après vérification, il résulte que la rentabilité nombre d’appartements/coûts de construction est semblable dans les deux cas.
(…)
2e rang, 2e prix: projet «LE SABLE DE LA CITADELLE»
Par une lecture critique de la morphologie du quartier de Pierrefleur et de son bâti, en appréciant les qualités volumétriques, se distançant par contre des choix d’implantation, l’auteur du projet le Sable de la Citadelle apporte une réponse volontaire au problème posé. L’implantation de son bâtiment en front de rue, contrastant avec celle des constructions existantes éparpillées dans la verdure, modifie fondamentalement la perception du quartier, et redonne vie à la rue, révélant une urbanité quelque peu altérée plus avant sur le parcours.
Le nouveau volume bâti s’inspire et compose avec l’échelle des barres adjacentes. Il en résulte un volume simple et complexe à la fois, jouant avec la topographie du lieu, sorte de peigne à trois dents tourné sur la rue. Ce dispositif permet une augmentation de la densité, tout en offrant une profondeur du bâti acceptant sans artifice la double orientation, mais encore la lecture d’un bâtiment en adéquation avec l’échelle du quartier. Le projet se compose de six niveaux sur rez. En soussol le parking occupe un étage et demi.Le rez, en contact direct à la rue, accueille les entrées de l’immeuble, accès à la rampe du parking sous-terrain tout d’abord, judicieusement placé au début du dispositif, puis les accès aux cages d’escalier des logements. Entre les différents accès prennent place les multiples activités proposées, commerces, café-restaurant, ainsi que les espaces collectifs, puis plus en arrière contre la pente, les caves et les dépôts. Ce dispositif, efficace est pertinent dans son rapport à la rue, peine à persuader dans son rapport à la pente, ne se positionnant que de manière fugace sur cette problématique, composante essentielle de ce site particulier.
Si les accès aux trois cages d’escaliers orientés sur la rue sont évidents, il n’en est pas de même de l’accès à la quatrième cage d’escalier, parcours long, étroit et laborieux. Les typologies développées pour les appartements sont classiques, mais de grande qualité, privilégiant avec habileté l’abandon des surfaces de circulation au profit des surfaces à vivre.
(…)
3e rang, 3e prix: projet «SEVEN»
L’auteur de projet Seven envisage la réalisation d’un bâtiment de forme compacte et précise s’alignant, avec son axe principal, sur le Chemin de Guillaume-de-Pierrefleur. L’axe secondaire longe le cheminement piéton qui monte jusqu’au Chemin du Chalet Mignon. L’ouvrage s’insère bien au regard des constructions existantes et vient compléter et clôturer l’espace urbain d’une façon assez nette. Au Sud-Ouest, un trottoir et des zones de verdure invitent les habitants du quartier à découvrir les activités commerciales se situant au rezde- chaussée. Au Nord-Est, un nouveau chemin, enrichi par la présence de deux places de jeux, permet la liaison entre le bâtiment et la nature. Le projet prévoit 7 niveaux sur rez-de-chaussée et 2 niveaux souterrains.
Le rez-de-chaussée ne se situe pas au même niveau que la route, il est accessible au travers de deux allées vitrées traversant en largeur la construction. Ce niveau, avec multiples fonctions, donne accès aux cinq cages d’escaliers de l’immeuble ainsi qu’à quatre grandes surfaces commerciales. Au Nord-Est, ce niveau étant complètement enterré, les locaux communs et de services y trouvent place. Afin d’apporter le maximum de lumière possible à cette zone, l’auteur du projet propose quatre patios végétalisés qui accompagnent également la transition entre la rue et la campagne. Les niveaux souterrains exploitent le plus possible la place à disposition et proposent une circulation se développant autour d’un groupe de places de parc. L’accès est garanti par une rampe qui crée une rupture dans la continuité du trottoir et des cheminements piétons. Trois escaliers extérieurs donnent également un accès direct aux zones enterrées.
(…)
4e rang, 4e prix: projet «D’UNE PIÈCE TROIS COUPS»
Le projet prend un parti d’implantation très clair, un monolithe trapezoidal pose parallèlement au chemin de Guillaume-de-Pierrefleur à l’ouest et s’adossant à la pente à l’est. L’organisation générale des espaces se fait autour d’un patio central qui fend le bâtiment du nord au sud créant un apport de lumière sur toute sa hauteur. Deux cages d’escaliers relient verticalement des coursives périphériques qui distribuent les 95 appartements.
Chaque appartement bénéficie d’une orientation vers l’extérieur et d’une sur l’espace commun central. Le concept typologique est original. Toute l’organisation spatiale des appartements se fait autour d’une pièce centrale fermée liée à une loggia, jouant le rôle de pivot autour duquel s’organisent les différents espaces de vie. La morphologie de cette pièce évolue en fonction de la dilatation générale de la géométrie du bâtiment. Ce dispositif confère à chaque logement un aspect différent.
Le rez-de-chaussée est complètement dédié aux activités de quartier ou commerciales et aux locaux de services communs. Le projet se veut compact et rationnel. Les typologies sont développées avec soin, de même que la matérialisation. L’expression des façades est élégante. Elle joue avec les lignes horizontales des dalles et la variation des lamelles verticales qui par leur pivotement filtrent la lumière ou, sur les coursives, offrent des possibilités de voir ou d’être vu. Le jury relève la qualité générale du projet et la précision apportée à l’ensemble de la proposition. Toutefois, il constate que certains choix ont des conséquences importantes sur les qualités d’habitabilité. Le caractère du vide central, sa profondeur et par conséquent son manque de lumière aux étages inférieurs, l’étroitesse des coursives totalement rectilignes, l’appropriation difficile des espaces communs vers les cages d’escaliers, n’offrent pas les qualités nécessaires pour lui conférer la convivialité escomptée et à promouvoir le « vivre ensemble ». Les appartements sont tous mono-orientés, les quatre façades sont traitées de manière identique. Le jury considère ce choix difficile en regard de la prise en compte du contexte extérieur fort différencié, que l’on se trouve à l’ouest sur la rue ou à l’est du côté de la pente. Un trop grand nombre d’appartements ne bénéficiera que de peu d’ensoleillement. Le jury relève l’intérêt de la proposition de la chambre centrale, malheureusement sa variation formelle finit par dégager des espaces tout en longueur difficilement meublables. Les espaces d’activités au rez-de-chaussée sont bien orientés côté rue, par contre leur grande profondeur rend la commercialisation difficile.
(…)
5e rang, 5e prix: projet «FOXY LADY»
Le projet Foxy Lady se distingue par l’implantation de son bâtiment en forme de L, qui offre sa plus longue façade à redents au nord-est du chemin de Guillaume-de-Pierrefleur. L’unique volume se déploie sur 7 niveaux, avec une hauteur de rez-de-chaussée plus généreuse pour y développer un socle d’activités et de locaux communs tels que des espaces destinés au stationnement des vélos à proximité de chaque entrée. Ce socle permet au projet de s’insérer adroitement dans la topographie du site.
Entre le domaine public et la façade privée comprenant les entrées des surfaces d’activités et des cages d’escaliers desservant les logements, une frange aménagée de places de stationnement vélos et véhicules garantit un espace de transition. En ayant compartimenté la surface totale d’activités en quatre locaux, l’auteur du projet augmente l’attractivité de ces espaces ouverts sur la rue et facilite leur commercialisation.
Pour répondre au besoin de stationnement, la rampe d’accès au parking souterrain est délicatement intégrée dans le socle de la façade principale et permet de desservir un niveau de sous-sol occupé par 110 places de stationnement voitures et 30 places de stationnement deux-roues motorisés. A partir du premier étage, des redents rythment les façades et permettent un important apport de lumière à un bâtiment relativement profond qui oscille entre 22 et 29 m. Par contre, le jury peine à comprendre que l’expression formelle des redents s’installe également sur la façade nord-est, face à l’aire de verdure en talus et l’aire forestière, de manière quasi-identique que sur la rue. La quasi-totalité des appartements sont traversants ou bi-orientés. En ayant développé ce parti, le projet garantit des appartements de qualité, baignés de lumière naturelle. Par ailleurs, quatre distributions verticales sur cinq bénéficient également de l’éclairage naturel, ce qui souligne la qualité spatiale du dispositif d’accès. Cette fragmentation des espaces d’entrée accroît l’attractivité des logements car elle permet une certaine privatisation de leur accès.
(…)
6e rang, 6e prix: projet «ZORRO»
Le candidat propose un bâtiment unique à 8 étages en forme de «Z». La forme utilisée permet au projet de dégager une «place de vie» vers le côté rue où s’organisent les accès aux logements et les surfaces commerciales et à l’arrière de s’ouvrir vers le parc. L’articulation volumétrique permet au volume bâti de s’intégrer au site grâce à des correspondances avec les bâtiments adjacents et, en même temps, de réduire l’impact de celui-ci au moyen de la fragmentation en deux volumes juxtaposés. Le rez, situé en contrebas de la rue, accueille les entrées de l’immeuble, les surfaces commerciales et le parking situé plus en arrière contre la pente. Le secteur dédié aux piétons est différencié clairement du secteur, plus au nord, où se trouvent l’accès des véhicules, les places de parc publiques et le parking vélo. Des surfaces pour activités, généreuses et profondes, sont proposées au 1° et 2° étages avec les caves et locaux secondaires plus en arrière contre la pente. Ce dispositif, logique dans son rapport à la rue est peu convaincant dans son rapport à la pente, ne proposant aucune solution envers la problématique essentielle proposée par le site. Ces surfaces commerciales, par ailleurs, ne pourront être destinées qu’à un usage de bureau ou à une autre activité tertiaire, ce qui réduit leur attractivité.
La forme proposée offre des orientations très variées aux logements qui presentment une typologie unique d’organisation qui s’adapte aux irrégularités de celleci d’une façon intelligente en créant des logements spatialement intéressants et divers, aux formes peu géométriques. En revanche, considérant que la majorité des logements proposés sont «mono-orientés», une grande partie est orientée uniquement vers le nord-est où les vues et la lumière sont limitées - surtout dans les niveaux inférieurs- en raison de la topographie du terrain. La mixité propose est trop portée vers les grands logements. Le choix de deux noyaux de circulation verticaux en forme d’étoile semble judicieux et efficace en termes d’optimisation. Par contre la qualité spatiale de ceux-ci, en terme de convivialité, semble moins garantie - espace avec peu de lumière naturelle liée aux logements uniquement par des portes d’entrée.
(…)
7e rang, 7e prix: projet «CACAHUÈTE»
Le candidat propose un bâtiment unique à 7 étages en forme de «L», articulé par une série de plis créant un volume sans aucune façade orthogonale ou parallèle. Une inflexion en retrait sur le côté rue permet au projet d’organiser l’accès aux logements et les surfaces commerciales. Au centre de celle-ci un espace à double hauteur crée le passage piéton qui relie la rue au parc postérieur en proposant une relation entre l’avant et l’arrière. La non orthogonalité des façades, créée par les plis, permet aux logements des orientations variées et une fragmentation du volume du bâtiment réduisant l’impact de celui-ci sur le site. Le projet s’inscrit correctement dans les gabarits du PPA et la topographie du terrain mais dénote un intérêt limité au contexte existant construit.
Les logements se développent autour d’un espace de distribution généreux qui se dilate et se resserre, vrai atrium conçu comme espace de vie et ‘d’appropriation’. Celui-ci a pour fonction d’apporter la lumière naturelle aux espaces de séjour permettant une double orientation à une grande partie des appartements. Les logements présentent une typologie d’organisation unique, avec bonne fonctionnalité mais sans innovation, qui s’adapte aux irrégularités de la forme. Le projet propose un trop grand nombre de logements de 3.5 pièces et aussi une disparité de taille dans ceux de 4.5 pièces. Les surfaces commerciales proposées au rez de chaussée présentent des grands volumes profonds relativement peu flexibles. L’accès principal aux logements, entrée unique au rez, est mal adapté à la quantité d’unités qu’il doit desservir. Le fait que le deuxième noyau vertical de circulation n’atteint pas le rez-de-chaussée complique considérablement l’accessibilité aux logements et aux parkings créant des parcours longs et compliqués, de meme pour les distances de fuites en relation aux prescriptions feu.
(…)