Fondation de Serix: Reconstruction et transformation de l’institution
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Publikationsdatum
24.05.2016
Auftraggeber
Fondation de Serix
Galerie
Auftraggeber & Jury
Fachrichter
- Christian Bridel (architecte EPFL/SIA),
- Bruno Giacomini (ingénieur civil EPFL/SIA),
- Daniel Senn (architecte EPFL),
- Maria Zurbuchen-Henz (architecte EPFL/FAS/SIA),
- Vincent Vouillamoz (architecte EPFL/SIA),
Sachrichter
- Christian Bays (Président du jury, membre du Comité de la Fondation de Serix),
- Martine Kübler (vice-présidente du Comité de la Fondation de Serix),
- Geneviève Tavernier (membre du Comité de la Fondation de Serix),
- Frank Fontanellaz (directeur de la Fondation de Serix (à partir du 1er décembre 2015)),
- Valérie Lopez (administratrice, adjointe de direction de la Fondation de Serix),
Wettbewerbsresultat
Objectif du concours
Le concours porte sur la reconstruction des bâtiments destinés à héberger les groupes de vie et la transformation ou la démolition/reconstruction de plusieurs services d’accompagnement.
La Fondation de Serix souhaite créer des structures correspondant aux exigences actuelles réglementaires en ce qui concerne les surfaces d’habitat et adapter les services d’accompagnement aux exigences fonctionnelles actuelles de l’institution.
Les concurrents sont libres de proposer, soit une transformation, soit une démolition/reconstruction des bâtiments Michaud, grande salle, ancienne école et bâtiment central. L’ensemble des bâtiments sur le site, nouveaux et existants, doit former un tout homogène.
Le jury s’est réuni les 15 et le 23 mars pour juger les 12 projets reçus.
Extraits du rapport du jury
TETRIS (1er rang, 1er prix)
Le projet Tetris fait une fine lecture des éléments du site de Serix, Il reprend son organisation en deux plateaux principaux décalés en altimétrie d’environ 2.80 mètres. Il dispose, adossé à la forêt, sur le premier palier supérieur, les locaux communs et l’école qui s’organisent autour d’un espace qui alterne des surfaces minérales et végétales. Un grand talus accompagné de trois arbres existants fait la transition avec la partie résidentielle du programme. Les groupes éducatifs, regroupés par deux, viennent en contrebas se poser dans la pente herbeuse.
Le site est ainsi requalifié par deux options fortes. En effet, en concentrant les constructions à proximité de l’école existante et en requalifiant de façon sensible la nature des sols, alternant de grandes surfaces vertes avec des placettes et des cheminements, Tetris parvient à redonner à l’institution une échelle convaincante, plus en rapport avec le nombre de ses utilisateurs.
Le bâtiment d’entrée sur le site regroupe l’administration, le programme socio-éducatif ainsi que les locaux communs de façon convaincante. Organisé autour d’un grand hall central qui distribue toutes les fonctions, il offre une grande clarté dans son organisation. Il est à noter que la psychomotricité et l’art thérapie ont été regroupés avec le programme de formation.
Le jury a apprécié dans la proposition faite pour les groupes éducatifs la maitrise de l’échelle et du fonctionnement du programme ainsi que la fine subdivision des espaces communs en autant de lieux de vie de qualité. L’organisation de ces grands appartements par groupe de trois ou quatre chambres auquel est associé un petit salon offre une grande souplesse de fonctionnement.
Les salles de classe qui se développent en complément du bâtiment scolaire sont organisées de façon simple autour d’un généreux hall central.
La proposition constructive est cohérente. Elle propose une construction à ossatures bois revêtue d’une peau en aluminium assurant à la foi un excellent bilan carbone grâce à structure en bois et un minimum d’entretien. C’est un projet idéalement conçu pour une ossature en bois. Compte tenu du caractère modulaire des structures en plan et en élévation, le projet se prête à une réalisation rapide.
La forme rectangulaire de chacune des surfaces imbriquées les unes aux autres qui constituent l’emprise des bâtiments au sol définit un principe statique d’une grande clarté. Les lignes porteuses orthogonales suivent les arêtes de ces volumes ce qui permet de les gérer structurellement de manière autonome aussi bien en plan qu’en élévation.
Le point délicat réside dans la proposition de grandes surfaces de toitures plates végétalisées sur un support en bois. Un soin minutieux devra être apporté à la conception de cette partie d’ouvrage. La proposition faite de réutiliser partiellement les fondations existantes des bâtiments démolis est intéressante, mais demande à être vérifiée.
Le phasage de réalisation se décline en quatre séquences consécutives rigoureuses de démolition – reconstruction – déménagement. Le mode de construction proposé permet des phases de construction rapides.
Avec des programmes fort différents, le projet Tétris parvient à trouver une unité de langage spatial et d’expression plastique qui ne parait à aucun moment forcé. Les dilatations verticales des volumes, à la recherche de lumière zénithale, ponctuent chaque construction en marquant les espaces majeurs.
L’étalement horizontal sur un niveau des constructions a certes un coût, mais il offre également au projet une belle capacité à évoluer tant dans sa phase d’étude que dans son évolution dans le temps.
Xires (2e rang, 2e prix)
Le projet Xires propose une remise en cause du caractère linéaire, minéral et fermé de l’ensemble actuel. Trois entités distinctes de bâtiments et d’espaces extérieurs sont proposées:
• à l’entrée du site, le bâtiment Michaud conservé et deux bâtiments, le premier dédié à l’accueil, l’administration et la structure pédagogique et socio-éducative, le deuxième aux locaux communs et nouvelles salles de classe, définissent une cour d’accueil à laquelle se lie une place d’espaces communs en contrebas;
• dans la partie haute du terrain, le deuxième bâtiment s’ouvre sur une cour partagée avec l’école et la salle de gymnastique existante. La salle polyvalente et l’annexe des salles de classe sont démolies.
• enfin, les bâtiments d’habitat, implantés dans un jardin de vie, contiennent les quatre groupes éducatifs du programme, à proximité des services communs du corps central.
Le schéma présente un caractère remarquable de simplicité et d’évidence; les entités s’inscrivent dans un espace aménagé comme un parc ouvert sur le paysage, respectant la topographie initiale et favorisant des cheminements naturels entre les bâtiments, dont l’autonomie est pourtant bien affirmée. La distribution entre les bâtiments, notamment le service des repas destinés à l’habitat, s’organise facilement.
Les deux nouveaux bâtiments à l’entrée du site sont pensés de manière à offrir des accès ou prolongements différenciés selon les fonctions et la pente du terrain. Le jury s’est interrogé sur le maintien du bâtiment Michaud pour lequel aucune occupation n’est prévue. Il est d’avis qu’on pourrait y placer des locaux proposés dans les nouveaux volumes, et estime que sa suppression n’invaliderait pas l’espace et la fonction d’accueil de l’entrée.
Deux bâtiments identiques sont prévus pour l’habitat. Les locaux communs sont placés au rez et les chambres individuelles à l’étage, les groupes éducatifs étant jumelés à chaque niveau, ce qui permet un fonctionnement optimal (veilleur unique, ascenseur unique, entretien facilité). Les groupes disposent tous d’un vide d’étage et escalier d’accès éclairés par le toit, avec au rez des sous-espaces de qualité et des prolongements extérieurs couverts avec des orientations différenciées. A l’étage, du fait des pentes de toit, les chambres et les dégagements offrent des volumes importants. Dans les dégagements, l’éclairage zénithal et les fenêtres en bout de couloir apportent une grande qualité d’espaces.
Les nouveaux bâtiments font l’objet d’un traitement uniforme, contemporain et en rapport avec du caractère rural du site: volumétrie simple, compacité, façades biaises en lamelles de bois, absence d’avant-toits, percements homogènes sol-plafond. Les espaces sous toiture sont intégrés aux locaux ou couloirs d’étage et permettent d’éclairer les zones centrales.
La forme en plan des bâtiments, hexagonale et irrégulière, nuit à l’économie du projet par une exploitation peu rationnelle de la matière, notamment pour les structures linéaires de planchers mixtes bois-béton que l’auteur propose pour les deux bâtiments d’entrée.. Le système porteur du deuxième bâtiment (locaux communs et salles de classe) souffre d’un déséquilibre statique dû à l’absence de porteurs au rez inférieur dans la zone du réfectoire et du hall d’entrée.
Le projet XIRES répond parfaitement au programme du concours: il offre, avec des moyens judicieusement mesurés, un cadre de vie et de travail adapté à la philosophie de l’institution. L’implantation des bâtiments et le traitement des espaces extérieurs garantissent une très bonne insertion dans le site.
Astérix et Obélix au pays de Serix (3e rang, 3e prix)
Le projet Astérix et Obélix au pays de Serix cherche à recalibrer les aires de construction et à restituer le caractère campagnard du site en remplaçant une grande partie des surfaces minérales existantes par un verger. Pour ce faire, il s’agira de démolir tous les bâtiments vétustes, de déplacer vers le haut la rue centrale et de redimensionner les préaux. La nouvelle urbanisation se limite à deux pôles dont un grand bâtiment institutionnel et des petites maisons d’habitation.
Implantée au niveau supérieur du site, la partie publique se développe le long d’un axe allant du parking jusqu’au terrain de football en passant par une place/préau au centre. La partie privée des logements est placée en contrebas, au milieu du verger, et forme un groupe de quatre volumes autour d’une cour commune. En dessous de cette cour, on trouve les techniques existantes qui peuvent ainsi être maintenues et complétées par une couche de services communs dotée de lumière naturelle.
Formant un pendant avec l’école existante et organisé sur deux niveaux, le nouveau bâtiment institutionnel abrite toutes les fonctions sous un seul toit. Le rez accueille l’administration, le réfectoire et la salle polyvalente, l’étage les classes et les structures socio-éducatives. Tout en réunissant les fonctions, la typologie très bien dessinée dans l’ensemble et munie de deux escaliers permet des circulations séparées selon besoin. Si l’intérieur semble bien organisé, on observe quand-même une manière d’accéder au site à travers le parking pas très heureuse et un passage trop étroit entre la nouvelle construction et l’école existante.
En réponse à la question de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, le projet illustre deux manières d’habiter, d’une part des petites maisons en duplex et d’autre part une unité double offrant de grands logements par étage. Si les portes d’entrée donnent sur la cour, les séjours respectivement les petits salons à l’étage s’ouvrent systématiquement vers le verger, offrant une certaine gradation entre le collectif et le privé. Cependant cette cour commune aux qualités spatiales indéniables pourrait poser problème au niveau de la vie sociale des groupes (agitation et conflits dans un territoire à passage et partage obligé). Quant au fonctionnement intérieur des maisons, le séjour sous forme de grand espace unitaire manque de sous-espaces pour les diverses activités (se réunir versus se retirer, recevoir les parents dans un coin plus tranquille, etc.). D’autre part, ce parti urbanistique d’autonomie demande un veilleur de nuit par bâtiment. Tout comme le concept paysager, l’expression architecturale adoptée est d’ordre campagnard. Les maisons aux toits en pente entièrement construites en béton sont habillées d’une enveloppe en bois (une couche de fond colorée doublée de lames de bois verticales ajourées claires).
Dans le cas de Serix, le problème des étapes de démolition-reconstruction concerne et le bâti et les aménagements extérieurs. Le site est assez grand pour la cohabitation de plusieurs bâtiments et la présence simultanée de différents réseaux de circulation, mais l’on se demande comment viser une certaine économie des moyens notamment au niveau des aménagements extérieurs (chemins de desserte, réseau de services industriels, parkings et renaturation des aires de bâtiments démolis). Si le jury apprécié l’impact contrôlé du bâti, il constate néanmoins l’ampleur considérable des aménagements extérieurs conçus entièrement à neuf sans profiter de synergies possibles avec des parties déjà aménagées.
Le système porteur de chacun des 4 groupes éducatifs est identique d’un point de vue structurel.
L’aménagement des locaux est identique entre le rez et l’étage du groupe d’unités jumelles ce qui assure une parfaite descente des charges. Il est par contre un peu moins performant pour les 2 bâtiments isolés qui montrent des discontinuités entre le rez et l’étage notamment au-dessus du séjour. Les alignements verticaux des parois restent néanmoins abondants et offrent des possibilités d’appui qui permettent aux dalles d’étage de ne pas excéder 6 m’ de portée.
Pour ce qui concerne le bâtiment d’entrée, la structure est dictée par des axes porteurs longitudinaux Est-Ouest définissant des champs de dalle compris entre 5.80 m au-dessus de la cuisine et 7.60 m au-dessus de la salle polyvalente et le réfectoire. La statique d’ensemble de ces bâtiments est bien résolue. Toutes les structures proposées sont en béton armé. On peine à comprendre toutefois les raisons qui ont poussé l’auteur du projet à proposer des toitures en béton alors que la géométrie très simple à 2 pans se prête idéalement à une charpente en bois. Les portées des dalles ainsi définies sont raisonnables et permettent un large choix de composition et de matérialisation de la structure des planchers comme alternative à la solution présentée qui est entièrement en béton armé.
En résumé, le concept d’axe institutionnel et de hameau bucolique offre deux centralités différentes tout en laissant la nature regagner ses droits. Tout en appréciant la richesse spatiale et la souplesse du bâtiment principal, le jury constate un décalage de qualité entre la partie institutionnelle et résidentielle.
Sylvestre (4e Rang, 4e Prix)
Avec une certaine économie de moyens, les auteurs de projet Sylvestre visent à requalifier tout le site de la Fondation de Serix en lui conférant le caractère d’un parc habité. Le projet se détourne du caractère minéral et urbain du site actuel, pour reconstituer un nouvel environnement en harmonie avec l’atmosphère rurale du lieu. En amont, les bâtiments conservés occupent la lisière de la forêt. En aval, les constructions nouvelles et transformées trouvent leur place au sein d’un verger. Entre deux un mall rassemble les nombreux cheminements piétonniers et les espaces extérieurs collectifs. En remplacement des cours pavées actuelles, le projet aménage une variété d’espaces végétalisés : la forêt qui s’avance dans le périmètre constructible, l’allée verte au cœur du site, les arbres fruitiers entourent les pavillons d’habitation.
De façon à limiter l’ampleur de l’intervention, les auteurs du projet ont clairement pris l’option de transformer et réaffecter plutôt que démolir et remplacer les bâtiments laissés à l’appréciation des participants au concours. A l’entrée du site, le bâtiment Michaud accueille judicieusement l’administration, à proximité du parking. La grande salle et l’école sont conservées moyennant une rénovation énergétique de leur enveloppe. Les activités socio-éducatives ainsi que les services communs s’installent dans le bâtiment central adapté. Les groupes éducatifs sont réunis par paires dans deux nouveaux pavillons d’habitation à l’orée orientale du périmètre.
Le projet distingue clairement les d’habitations et les espaces d’activités, en offrant des ambiances variées et appropriées. L’éloignement des éléments du programme implique cependant une certaine dispersion des activités, peu propice à un fonctionnement efficace des services de restauration et d’intendance. Ce dispositif impose l’aménagement de nombreux cheminements qui apparaissent excessifs et peu réalistes.
Organisés en demi-niveaux, chaque groupe éducatif dispose d’une entrée indépendante et d’un prolongement extérieur, conférant une dimension domestique bienvenue. Le regroupement par paires permet une exploitation rationnelle où la chambre de piquet se loge à l’articulation des deux groupes. Le jury regrette l’absence de sous-espace dans le séjour. Si un seul pavillon est pourvu d’un ascenseur, il serait aisé d’en installer également un dans l’autre de manière à offrir une accessibilité sans obstacles à tous les espaces d’habitation. Le jeu des demi-niveaux réduit encore l’échelle des groupes de façon à créer des sous-groupes de trois ou quatre chambres, orientées soit vers l’est, soit vers l’ouest. Offrant des perspectives intéressantes, cette typologie en demi-niveaux questionne cependant le jury qui relève la difficulté de distribuer avec souplesse les locaux de service et les salles d’eau entre niveaux, voire des invraisemblances comme le local 11.7.
Tandis que les bâtiments transformés sont revêtus d’une isolation périphérique crépie, un bardage en bois ventilé habille les nouveaux pavillons bâtis en maçonnerie traditionnelle. Les choix constructifs simples et robustes répondent bien aux attentes des utilisateurs. Le système porteur de chacun des deux bâtiments à construire est clair et bien superposé entre le rez et l’étage. Il comprend deux lignes porteuses médianes qui, par le jeu du décalage en plan, traversent les 2 bâtiments de manière continue. Les portées raisonnables des planchers permettent un large choix de composition et de matérialisation de la structure.
Le phasage de réalisation est peu contraignant car il permet de maintenir une exploitation du site avec un minimum d’entraves en autorisant la réalisation autonome des nouveaux bâtiments. Les surfaces utiles dépassent la moyenne des projets. Cet excédent provient de la volonté de conserver une partie des bâtiments existants. L’ampleur des adaptations requises et la relative vétusté des ouvrages conservés ne garantissent cependant pas que cette attitude soit plus avantageuse qu’une reconstruction, d’autant plus que la réalisation du projet requiert des solutions d’hébergement provisoires pour certaines activités.