Realisation d’un nouvel établissement psycho-social à Yverdon-les-bains
Offenes Verfahren
53 Route de Bellevue, 1400 Yverdon-les-Bains
Publikationsdatum
23.01.2017
Auftraggeber
Fondation Saphir
Galerie
Auftraggeber & Jury
Fachrichter
- Marco Zünd (Architecte HTL BSA, Bâle),
- Alexandre Blanc (Architecte EPFL FAS, Lausanne),
- Antonio Gallina (Architecte FAS SIA, Neuchâtel),
- Valérie Jomini (Architecte EPFL SIA BSA, Zürich),
- Diane de Pourtalès (Architecte EPFL, Service de la santé publique),
- Markus Bärtschi (Architecte de la Ville d’Yverdon-Les-Bains),
- Vincent Rapin (Architecte EPFL SIA FAS, Vevey),
- Mona Valdivia Dorion (Architecte DE HMONP, Vevey),
Sachrichter
- Claude Recordon (Président de la Fondation Saphir),
- André Allmendinger (Directeur de la Fondation Saphir),
- Tristan Jobin (Responsable filière psychiatrique),
- Claire Perrenoud (Chargée de mandat, Fondation Saphir),
Wettbewerbsresultat
Le lauréat, APZ Atelier Prati Zwartbol, a convaincu le jury avec une proposition simple mais audacieuse: séparer le programme en deux bâtiments.
Objectifs du Concours
Le présent concours doit porter la réflexion sur la création d’un nouvel établissement psycho-social (EPS). La Fondation Saphir, en accord avec le Service de la santé publique de l’Etat de Vaud, entend développer une capacité totale d’hébergement pour cet EPS de 50 lits:
- 20 lits avec mission de maintien: accompagner les personnes avec un handicap psychique sévère et durable sans perspective de changement à court terme. Ces personnes présentent une grande vulnérabilité et demandent présence, guidance et surveillance constantes.
- 30 lits avec mission d’engagement: favoriser l’insertion de personnes instables, à hospitalisations fréquentes ou au sortir d’une période sans abri, dans un processus de rétablissement. Cette mission s’adresse à des personnes instables, parfois dans le déni et/ou qui restent ambivalentes par rapport à la nécessité d’un hébergement psychiatrique. Elle vise à permettre à des personnes qui se trouvent dans une phase de moratoire de s’engager dans un hébergement malgré des troubles psychiatriques.
Critique des projets (extraits du rapport du jury)
Le jury remercie l’ensemble des concurrents pour leur travail et souligne la qualité des propositions. La diversité des solutions proposées a permis au jury d’identifier les problématiques majeures de la construction d’un EPS et de sa différence avec un EMS. Fort de ces constats, le jury est convaincu que le projet 27 « Passant et paysage », lauréat du concours désigné à l’unanimité, possède les qualités qui permettront de construire un ouvrage de qualité répondant aux attentes du maître de l’ouvrage.
Dans l’optique du développement du projet, le jury tient à souligner les problématiques suivantes qui mériteront une attention particulière:
Le projet mérite de lancer une étude plus large du site afin de mettre en place un master plan qui préciserait les cheminements, alignements et dispositions générales permettant de générer de l’espace public, collectif et intime.
Le projet devra trouver une solution pour respecter le RPGA de la ville d’Yverdon en ce qui concerne les distances entre bâtiments: éloigner les bâtiments entre eux ou les relier pour former «un tout».
La toiture pourra prendre une forme différente afin d’intégrer de manière naturelle les panneaux solaires.
Étudier la possibilité de rapprocher encore la maison historique des deux autres en rendant le socle lisible et laissant les murs revêtus de crépis dans les étages, pour aider à mieux lire l’idée de l’espace intime.
1er prix: «Passant et Paysage»
Qualités urbanistiques et architecturales
L’auteur du projet propose une forme urbaine composée de trois «maisons»; une stratégie de conquête du site progressive, s’avère ainsi possible; le tout devant constituer un village à terme.
Chaque maison regroupe un certain type d’activités, gage d’un système basé sur les relations entre des entités distinctes. L’espace de la rue ayant la charge d’organiser ces échanges en leur donnant une qualité, parfois emprunte de densité urbaine, mais s’ouvrant aussi par des percées sur le paysage.
L’échelle des volumes produits s’intègre au quartier existant, et évite la construction d’un volume important. La stratégie consistant à morceler le programme permettra d’ajouter des volumes à la suite de la maison de maître, qui de ce fait est banalisée et devient une des «maisons».
Le maître d’ouvrage pense qu’il serait par contre nécessaire dans ce type de projet d’étudier la mise en place d’un «master plan» qui précise les cheminements, alignements et dispositions générales permettant de générer de l’espace public, collectif et intime. Ceci avec la flexibilité nécessaire.
La toiture plate fait débat, et le jury rêve d’une toiture qui intègre des panneaux solaires de façon qualitative dans un toit à 4 pans de faible pente...
2e prix: «Les diamants sont éternels»
Qualités urbanistiques et architecturales
Le projet propose une grande maison qui intègre la maison de maître existante. Ce parti architectural se traduit par un volume articulé qui prend référence sur la maison de maître et s’implante en continuation de celle-ci. Il en résulte un nouveau bâtiment qui marque une forte présence sur le site.
La position et la volumétrie compacte du nouveau bâtiment définissent clairement un arrière et un avant, une zone d’entrée au nord-est, directement liée aux places de parcs et une zone de détente à l’ouest délimitée par une grande esplanade. Le déplacement des places de parcs à l’arrière du site permet de libérer la partie nord de la parcelle pour une extension future.
Cette volonté de continuité se retrouve dans l’expression du nouveau bâtiment. Les qualités architecturales du projet résident dans le traitement très précis des éléments architecturaux qui composent la façade. Un grand travail est effectué sur les fenêtres: situées de part et d’autres du portique ouest de la maison de maître, les deux fenêtres latérales sont adaptées en portes fenêtres, celle-ci se retrouvent tout au long du rez-de-chaussée. La proportion des fenêtres de l’étage de l’existant sont reprises dans la nouvelle partie. De même, les volets et le socle sont démontés et le parement du 1er étage est prolongé de manière à unifier le bâtiment. Seule l’expression de l’entrée principale péjore la façade nord.
Le jury relève la cohérence entre implantation, parti architectural et expression du nouveau bâtiment, qui reflète un grand soin dans le développement du projet.
3e prix: «Claudius»
Qualités urbanistiques et architecturales
Le projet Claudius propose la réalisation d’un bâtiment de trois niveaux qui s’exprime par une forme articulée en «S» prenant appui sur la géométrie de la maison de maître et sur la limite Sud du site. Cette morphologie est caractérisée par trois redents qui définissent des façades dont les proportions sont en rapport d’échelle avec le contexte et par une organisation du plan en trois ailes. La volumétrie qui en résulte peut s’interpréter comme le souhait de composer ou du moins d’intégrer des éléments existant du site, particulièrement la maison de maître et un arbre remarquable. Le jury doute toutefois qu’il s’agisse d’une imbrication de trois maisonnettes comme l’affirme l’auteur mais plutôt d’un volume unitaire découpé.
Le gabarit de hauteur du nouveau volume démontre la volonté de rechercher une relation harmonieuse avec celui existant. Le but est de trouver un équilibre entre la masse importante du projet et celle de la maison de maître.
4e prix: «Bourgeon»
Qualités urbanistiques et architecturales
Le projet propose un volume au sud de la maison existante. Connecté à cette dernière par un corps bas vitré, le nouveau volume trouve son autonomie par rapport à la maison existante. Ce corps bas vitré offre une relation de «cohabitation» entre les deux bâtiments. Les auteurs souhaitent ainsi préserver le statut de protagoniste principal à la maison existante.
5e prix: «Les murmures de l’arbre»
Qualités urbanistiques et architecturales
L’auteur du projet reconnait les qualités de la maison des années 50 et apprécie le caractère qu’elle donne à l’ensemble du site.
Le projet profite de la forte pente de la parcelle à l’Ouest pour enterrer une partie importante du programme. Cette stratégie permet de ne faire émerger que deux niveaux du nouveau bâtiment aux alentours de la maison existante. Ce parti pris apporte un rapport d’échelle équilibré entre les deux bâtiments qui délimitent ainsi un espace de jardin - terrasse cohérent, ouvert sur le paysage.
La maison de maître, son vieil arbre et le nouveau bâtiment produisent ensemble un lieu de haute qualité pour les habitants tout en valorisant les caractéristiques remarquables du site.
Si l’implantation et l’articulation des espaces extérieurs sont appréciés, le projet paie très cher le choix d’un bâtiment semi-enterré en terme de qualité spatiale.
En effet, les très longs couloirs des deux niveaux inférieurs ne sont pas acceptables pour ce type de programme.
6e rang/mention: «Une maison dans un parc»
Qualités urbanistiques et architecturales
Le projet d’une maison dans un parc est composé de 3 volumes qui se succèdent en ordre croissant en bout de parcelle.
La volumétrie des différents éléments est harmonieuse et s’intègre bien à la topographie du site ainsi qu’à sa morphologie paysagère formée par le grand cordon boisé.
L’intégration de la maison existante dans ce dispositif est bien gérée. Elle est le premier élément de la série et initie la composition qui se termine par un grand volume contenant le programme d’hébergement qui s’ouvre sur la plaine de l’Orbe.
L’on constate cependant que ce troisième volume comporte 5 étages hors sol ce qui déroge au règlement communal et que l’interprétation de l’article 139 du règlement communal n’est pas appropriée.
Finalement, il est regrettable que le concurrent n’ait pas présenté les façades composées de la relation entre le nouveau et l’ancien au vu de la qualité d’intégration de la villa existante dans la composition volumétrique des bâtiments.