MEP «Point-du-jour»: densification d’une zone villas
Selektives Verfahren
3 Chemin du Point-du-Jour, 1202 Genève
Publikationsdatum
15.08.2017
Auftraggeber
Ville de Genève et Canton de Genève
Galerie
Auftraggeber & Jury
Fachrichter
- Bruno Marchand (Architecte Professeur EPFL SIA FAS FSU),
- Tarramo Broennimann (Architecte IAUG SIA FAS),
- Thierry Chanard (Architecte-urbaniste EPFL FSU),
- Christine Delarue (Architecte-urbaniste EPFZ SIA FSU),
- Christelle Ermont (Architecte-urbaniste – Service d’urbanisme),
- Christian Exquis (Architecte-urbaniste EPFL SIA),
- Olivier Fazan (Architecte-urbaniste EPFL SIA FSU),
- Myriam Piguet (Architecte-urbaniste – Office de l’urbanisme),
- Barbara Tirone (Architecte SIA AGA),
- Gilles Dössegger (Adjoint de direction – Service d’urbanisme),
- Pascal Michel (Chef de service a. i. – Office de l’urbanisme),
Wettbewerbsresultat
Le bureau M+N paysage/architecture emporte les faveurs du jury grâce à un projet qui «donne l’impression d’une grande liberté morphologique dans des espaces libres très soignés».
Objectifs du concours
Le secteur du Point-de-Jour se situe sur le territoire de la ville de Genève, au Petit-Saconnex, entre les rues Maurice-Braillard, de Moillebeau et l’avenue Giuseppe-Motta. Il recouvre environ 35’000 m2 et est composé d’un tissu pavillonnaire de villas. Les constructions sont uniquement vouées à l’habitat.
L’objectif des MEP consiste à établir un concept d’aménagement urbain en vue de faire évoluer ce secteur d’habitation vers un quartier urbain dense en prenant en compte les contraintes et les qualités du lieu et dans le respect des lois et des planifications supérieures.
La réflexion porte aussi sur la mise en relation du secteur avec les secteurs voisins du point de vue de la perméabilité, des dégagements visuels, des vues éventuelles sur le grand paysage, et des qualités paysagères proposées.
Les MEP permettent de définir les bases et principes généraux du projet urbain afin de pouvoir ensuite élaborer un avant-projet de plan localisé de quartier (PLQ).
Le projet comprend essentiellement des logements. Des activités de type commerces de proximité, crèche, locaux communs, etc. pouvaient être envisagés mais de façon limitée, à hauteur de 5 à 10% du programme total. Aucun équipement public d’importance n’est prévu.
Les transitions entre les espaces publics, semi-publics et privés doivent faire l’objet d’une attention particulière. La relation entre le parc de Trembley et ce futur quartier dense doit aussi être abordée tant sur la forme urbaine (vues, dégagements, ensoleillement) que sur le traitement des mobilités douces.
Le secteur se situant en zone de développement 3, une densité intermédiaire correspondant, à l’échelle du quartier, à un indice d’utilisation du sol minimum de 1.2 est préconisé par le Plan directeur Cantonal 2030 et la loi générale sur les zones de développement (LGZD).
Critique des projets (extraits du rapport du jury)
Les recommandations finales pour la suite des études procèdent des enseignements que le Collège d’experts a tirés de la démarche des MEP:
Il est important d’inscrire le futur quartier dans son contexte large, notamment en accordant une attention particulière aux rapports avec la grande échelle – les couloirs de verdure, les équipements, le secteur des organisations internationales – et aux quartiers voisins existants.
Le Collège attire l’attention du maître de l’ouvrage sur l’importance de donner une surface généreuse au parc et insiste sur le fait qu’une grande attention doit être portée aux espaces extérieurs, à leurs relations aux bâtiments et à la gestion des seuils du privé au public.
La question des espaces publics et de partage doit demeurer centrale pour les futures propositions d’aménagement afin d’ancrer sur les lieux la notion de quartier et de voisinage.
Le Collège estime qu’il serait judicieux d’édicter, sous une forme à déterminer, des principes de diversités morphologiques et typologiques afin d’éviter une certaine monotonie du bâti. A ce stade de planification, le Collège recommande d’éviter l’usage d’archétypes de typologies comme cela a pu être présenté dans certains projets (par exemple: triplex).
Compte tenu de la proposition de deux projets de préserver quelques villas existantes, le Collège s’interroge sur la pertinence de ce maintien. La question de savoir si ces éléments en particulier ont une importance en termes de trace historique ou si ce sont des traces patrimoniales (comme des murets, le tracé des rues, etc.) reste encore à approfondir afin de clarifier la position avant l’établissement du PLQ.
Dans un souci de réversibilité des activités dans le temps, il est admis que des logements puissent prendre place dans les rez-de-chaussée (surélevés d’un mètre). Il est néanmoins souhaitable de permettre une diversité des affectations des rez-de-chaussée et aussi le développement d’activités. Dans le prolongement, le Collège recommande au maître de l’ouvrage d’analyser les potentialités d’installation de petits commerces ou d’activités, qui s’adresseraient au quartier ou à plus grande échelle, sur le périmètre pour la suite du projet. Pour ce faire, il conviendra de s’adjoindre les compétences d’un bureau spécialisé dans ce domaine.
Le Collège relève qu’aucun des projets proposés ne résout la question du phasage en lien avec les parkings centralisés et souligne la difficulté posée de cet élément pour le futur PLQ. Il enjoint le maître de l’ouvrage à poursuivre les réflexions sur le sujet, notamment en ce qui concerne les phases transitoires de construction du périmètre.
S’agissant de la mobilité, le Collège recommande de prendre en considération les éléments suivants:
- maintenir l’absence de trafic de transit dans le quartier;
- réaliser l’aménagement d’une zone 20km/h sur la boucle de rues;
- mutualiser des futurs parkings, en limitant leur nombre à deux entités aux entrées du périmètre;
- garantir une grande porosité du quartier pour les mobilités douces afin d’irriguer
les espaces libres de cheminements vers le parc et les quartiers environnants et ouvrir plus largement ce périmètre.
Le Collège, conscient qu’il s’agit ici d’une procédure SIA 143 sans mandat à la clé, recommande de s’appuyer largement sur la proposition du bureau M+N, en l’enrichissant des enseignements tirés des deux autres projets, afin de développer l’image du futur PLQ.
Enfin, dans le prolongement des séances publiques organisées par le maître de l’ouvrage, le Collège recommande de poursuivre la démarche de concertation lors de la réalisation du plan localisé de quartier.
1er rang: M+N paysage /architecture
Le Collège souligne la grande qualité paysagère de ce projet et salue l’attention portée à la végétation. Ce projet donne l’impression d’une grande liberté morphologique dans des espaces libres très soignés. La préservation des vues en fonction des typo-morphologies est un atout du projet.
L’évolution morphologique du projet propose une meilleure liaison entre le bâti et le parc. Il permet de conserver un plus grand nombre d’arbres de moyenne importance.
Le projet urbain s’organise autour d’éléments clairs, identifiables et lisibles:
- la rue Bois, dans la continuité du chemin Docteur-Adolphe-Pasteur, est construite comme un espace paysager dont l’arborisation est renforcée. Les gabarits proposés sur cette rue sont les plus grands: jusqu’à R+6. Les relations entre les rez-de-chaussée et la rue sont soigneusement conçues par un système de cours, de halls traversants. Les murets existants sont préservés comme éléments identitaires;
- la rue Jardin propose des constructions plus basses, jusqu’à R+4. Cette rue se dilate jusqu’aux pieds des immeubles, les halls s’adressent sur la rue et une plus grande porosité de ses espaces extérieurs en lien avec le parc est établie;
- les trois polarités constituées par des villas existantes préservées, qui, par leur vocation publique, constituent des accroches avec le tissu existant;
- les franges paysagères.
Les principes pour la mobilité consistent à créer une zone de rencontre sur la boucle, en sens unique, et à insérer deux parkings centralisés et mutualisés aux entrées de quartier. Les accès par la rue de Moillebeau et l’avenue Giuseppe-Motta sont maintenus. Un nouvel accès sur la rue Maurice-Braillard est créé. Le Collège apprécie le développement d’outils comme les kits (kit d’urbanisme, d’architecture, de vie de quartier) qui proposent des éléments de mise en œuvre. Le phasage proposé s’articule autour du développement des constructions par cellules de parcelles regroupées et se prolonge sur trois phases de 5, 10 et 15 ans. La dimension collective du phasage peut poser un certain nombre de problèmes à résoudre, notamment celui de la construction des parkings centralisés. L’indice d’utilisation du sol du projet est de 1.25 et l’indice de densité est de 1.81.
Atelier Archiplein avec Uberland et iconsulting
Les facteurs de permanence du projet sont la voirie et le parcellaire. Les invariants du projet sont le développement à la parcelle et l’espace public «transversal» comme lien entre le parc de l’Ariana-Jardin Botanique et le parc de Trembley.
L’espace transversal a évolué de la place minérale vers un parc; les 3 villas existantes de type chalet, sont maintenues pour y développer une affectation publique. Le Collège souligne que cet espace a suivi une évolution positive depuis la première phase mais s’interroge toujours sur la nécessité de la préservation des villas.
Les bâtiments proposent des typologies variées: maisons en bandes, en duplex ou triplex avec jardins privés, des plots qui accueillent des appartements à multiples orientations, des petits collectifs à double orientation et des grands immeubles à double orientation. Les immeubles du quartier varient de R+3 à R+6. Les attiques ont été supprimés.
Le système de desserte en boucle est conservé et transformé en zone de rencontre, avec toutefois une modification du tracé dans la partie nord. Le projet installe un seul parking souterrain en entrée de quartier côté rue de Moillebeau et complète le dispositif par deux parkings de surfaces côté rue de Moillebeau également et rue Maurice-Braillard.
Le phasage propose une densification à la parcelle en quatre étapes. Il implique qu’il faille une certaine masse critique de nouveaux logements afin de déclencher, dans un deuxième temps, la construction du plus grand bâtiment, accueillant le parking en sous-sol. Il s’agit du seul regroupement de parcelles proposé. Cela implique que, provisoirement, les voitures parquent en surface sur les parcelles disponibles. Cette proposition apparaît comme une solution transitoire réaliste.
L’indice d’utilisation du sol du projet est de 1.27 et l’indice de densité est de 2.0
Studio Brühlmann Loetscher Buson avec Lorenz Eugster paysagisme, mrs partners sa
Le concept de damier est l’invariant du projet. Il a été développé et qualifié. La ville damier est poreuse car les pleins et les vides sont structurés par un réseau d’espaces libres et perméables. Cette ville devient différenciée dans l’usage des espaces extérieurs, laissé libre aux habitants. Ces espaces extérieurs peuvent être privés, partagés, communautaires.
Le projet propose trois gabarits:
- deux bâtiments de R+10 qualifient les entrées du périmètre selon un axe transversal. Une succession d’espaces majeurs publics, où viennent s’accrocher des équipements publics et des commerces, prend place sur cet axe transversal;
- des bâtiments au gabarit variable entre le R+2 et le R+5 sous la forme de plots en grande majorité;
- des bâtiments plus allongés de R+5 regroupent les logements LUP.
Plusieurs typologies sont proposées: la villa urbaine, le collectif bi ou mono-orienté, le triplex. Le concept de damier étant un concept fort, le Collège s’interroge sur la pertinence de projeter des bâtiments hauts afin de montrer une intensité sur les entrées au quartier. L’utilisation d’archétypes typologiques dans le bâti sur l’espace transversal central questionne sur l’articulation entre ces bâtiments, les programmes d’équipements publics et ces espaces extérieurs.
Malgré son aspect utopique, ce projet questionne de façon pertinente et novatrice la problématique de la densification des tissus pavillonnaires. Les rues sont transformées en espace de rencontre et le système de boucle est conservé. Quelques petites poches de stationnement en surface sont situées aux lieux clés du quartier et deux parkings souterrains, reliés à des rampes existantes, sont implantés à l’entrée côté rue de Moillebeau.
Le phasage des constructions se fait au gré des opportunités. L’indice d’utilisation du sol du projet est de 1.4 et l’indice de densité n’est pas calculé.