Transformation de la ferme communale de Châbles (Fribourg)
Offenes Verfahren
40 Chemin du Vernard, 1474 Châbles
Publikationsdatum
17.11.2016
Auftraggeber
Commune de Châbles
Galerie
Auftraggeber & Jury
Fachrichter
- Colette Ruffieux-Chehab (architecte EPFL / FAS / SIA, Fribourg),
- Maria Saiz (architecte EPFL / FAS / SIA, Vevey),
- Achille Deillon (architecte EPFL / SIA, Bulle),
- Jean-Luc Grobety (architectes EPFZ / FAS / SIA / Fribourg),
- Yvan Chappuis (architecte HES, Fribourg),
Sachrichter
- Kurt Zimmermann (syndic de Châbles, Fribourg),
- Jean-Charles Gander (vice syndic),
- Daniel Chanez (conseiller communal),
- Urs Egger (conseiller communal),
Wettbewerbsresultat
Le bureau Chablais Fischer Architectes remporte le concours en proposant un projet basé sur une typologie évolutive qui préserve la substance historique du bâti et les qualités particulières de la ferme.
Objectifs du Concours
La commune de Châbles dans le canton de Fribourg organise un concours de projets d’architecture en vue de la transformation de la ferme communale. La rénovation et le réaménagement de ce bâtiment recensé comme bien culturel devrait permettre d’y accueillir une crèche, un centre d’accueil extrascolaire et de petits appartements dont une partie adaptée aux personnes âgées afin de favoriser une mixité intergénérationnelle. A l’intérieur du périmètre d’intervention figuré sur le plan de situation, les aménagements extérieurs seront repensés et requalifiés pour pouvoir satisfaire les divers besoins des nouveaux locaux.
Critique des projet (extraits du rapport du jury)
A l’unanimité, le jury recommande au maître d’ouvrage d’attribuer le mandat pour la poursuite de l’étude à l’auteur du projet n°37 GAJÈTA. Le jury salue la qualité et la clarté de l’intervention qui respecte et met en valeur la substance bâtie existante. Toutefois, il attire l’attention de l’auteur sur les souhaits émis par le jury quant à l’évolution future du projet. Une réflexion complémentaire devra être portée sur certains points, notamment:
- L’organisation de la crèche nécessitera une discussion approfondie avec le maître d’ouvrage.
- L’aménagement du bûcher devra être précisé dans sa spatialité
- L’aménagement du parking n’est pas approprié et est à revoir
- La possibilité d’aménager des vues vers l’extérieur depuis certaines chambres mansardées est à vérifier
- La typologie de l’appartement du rez dans le corps de logis existant est à affiner
- Le percement dans la partie supérieure du pignon est à affiner avec le Service des Biens Culturels
1er rang, 1er prix: projet «Gajèta»
Le projet Gajèta propose une récupération des volumes existants pour y insérer de manière simple et claire le programme demandé.
Dans la partie habitation, six appartements sont logés sur les traces de l’ancienne typologie tripartite. Le couloir, entre cour et jardin au rez-de-chaussée, significatif de cette typologie rurale, est conservé; les circulations verticales s’y réfèrent. Au sein de la grange, la crèche et l’accueil se glissent entre la structure existante, sous forme d’éléments préfabriqués autoporteurs en bois, de part et d’autre de la travée centrale. Cette dernière est laissée libre de programme, tout comme les combles. Le bûcher est récupéré et aménagé en espace partagé par la crèche et l’accueil. Pour finir deux duplex sont proposés dans la partie de l’annexe.
Le jury a apprécié cette solution qui maintient de manière remarquable la substance historique du bâtiment. La non utilisation des combles et la travée centrale, ouverte jusqu’à la charpente, limitent au maximum les interventions en toiture et en façade. Les grands volumes sont aussi sauvegardés. Le bûcher, vraie particularité de ce bâtiment est maintenu. Le développement de la crèche et l’accueil sur trois niveaux n’est à ce stade pas idéal, tout comme les aménagements extérieurs, en particulier le parking qui investi, de manière brutale cette fois, le jardin au milieu de la parcelle.
Le projet a su utiliser les caractéristiques existantes du bâtiment pour placer les espaces habitables aux endroits les plus évidents. Il permet ainsi de les insérer sans grands efforts. Cette proposition relève d’une attitude responsable, tant au niveau de l’économie de moyens mis en œuvre dans un premier temps, que d’une éventuelle réutilisation des espaces dans le futur. De ce fait, la couche supplémentaire apportée dans cette transformation aujourd’hui, pourra être réutilisée par les générations futures. Les espaces devenus habitables pourront être adaptés facilement.
La typologie de ferme est ainsi recyclée sagement pour un nouvel usage, tout en préservant la substance historique du bâti et les qualités particulières de cette ferme.
2e rang, 2e prix: projet «Nouvelle ère de Grange»
L’auteur du projet «nouvelle «ère» de grange» prend le parti de valoriser la ferme communale de Châbles en respectant le caractère unitaire et tranquille de son volume, et en particulier celui de sa toiture. Les nouveaux logements intègrent naturellement la partie attribuée à l’habitation existante et celle liée aux façades pignons en évitant ainsi de percer fortement la toiture.
A l’intérieur, l’auteur propose de maintenir le volume généreux et non chauffé de la grange de manière à préserver la fonction première et la substance patrimoniale du bâtiment. L’allée centrale devient ainsi un espace public et animé menant à la crèche et l’accueil extrascolaire. Elle se prolonge par l’espace du bûcher transformé en terrasse extérieure servant de place de jeux pour les enfants. Les travées latérales, largement vitrées sur la grange, sont respectivement occupées par la crèche et l’accueil des enfants plus âgés et au-dessus par un logement. Les lieux de vie de la crèche prennent place dans l’annexe existante à l’est et se prolongent naturellement dans le jardin attenant aménagé pour les enfants. A l’étage se situent la partie repos et administrative de la crèche en balcon sur l’espace de vie.
S’il relève les qualités tendant à la préservation et la mise en valeur du patrimoine bâti de la proposition, le jury regrette cependant l’abandon de l’enveloppe-claustra du bûcher existant qui lui confère actuellement une qualité spatiale indéniable en galerie sur le paysage exceptionnel du lac de Neuchâtel. Le parti pris dans la grange de maintenir un espace d’accueil généreux, lumineux et non chauffé est judicieux. Dans ce sens, le jury apprécie le prolongement du revêtement de sol extérieur à l’intérieur renforçant ainsi le caractère public du programme, d’autant que l’emplacement du parking à l’est de la parcelle permet de libérer la place d’accueil. Cependant, le nombre et les situations des murets attenants vont à l’encontre de la simplicité affichée par l’intervention.
Le jury a été sensible à l’emplacement de la crèche utilisant en partie le petit volume existant, annexé au corps du bâtiment. Il a apprécié en particulier la dimension de la proposition et la spatialité de son espace de vie en relation avec le jardin à l’est. La situation des espaces de repos à l’étage n’est pas idéale du point de vue de son fonctionnement. De même, l’emplacement dans la partie de l’habitation de la cuisine prévue dans le programme de l’accueil parascolaire, n’est pas adapté. Les lieux de séjour et les chambres situées dans les combles ne bénéficient pas d’un éclairage naturel suffisant, ni de vue directe comme l’exige la réglementation en vigueur.
Le projet présente une qualité économique globale intéressante, notamment concernant les coûts d’exploitation, l’espace de la grange ne nécessitant pas de chauffage particulier.
3e rang, 3e prix: projet «Aire»
L’auteur s’approprie les aménagements extérieurs d’une manière judicieuse où tout le périmètre A bâtir participe à l’idée du projet. Côté sud, une belle et grande esplanade, forme typique des abords de ferme est agrémentée d’un sol en pavés. Il est l’espace de référence et le lieu d’accueil à la crèche et aux appartements lesquels bénéficient soit d’un jardin privé, soit d’un jardin collectif. Côté nord, les écoliers accèdent à la ferme par un chemin sinueux recouvert de graviers. Ils longent le terrain de football et transitent à travers un jardin agrémenté d’arbres fruitiers et de jeux pour les enfants. C’est l’accès à l’accueil parascolaire.
L’occupation des volumes intérieurs de la ferme est très respectueuse du caractère historique du bâtiment. Le programme des habitations est disposé de part et d’autre de l’ancienne aire de battage. Le jury apprécie la simplicité et l’authenticité dans l’organisation: les appartements s’apparentent clairement aux plans des fermes traditionnelles où l’accès aux chambres A coucher se fait directement par la cuisine à l’image des typologies traditionnelles rurales. Toutefois, le jury regrette que certains logements occupent l’espace central.
Les espaces attribués à la crèche sont placés en partie au rez-de-chaussée. Les chambres de repos attribuées aux plus grands enfants sont disposées à l’étage. Elles sont d’une utilisation peu aisée. Le jury comprend que l’auteur du projet tienne à faire vivre « spatialement » ce bel espace.
La structure des combles est lisible depuis le rez-de-chaussée. Ce vide exceptionnel participe à l’idée du projet. Toutefois, le fait d’isoler toute la toiture ne contribue pas à l’économie du projet. La véranda avec sa paroi de tressage en bois est habillée thermiquement. Cette manière de faire ne participe pas non plus à l’économie des moyens.
4e rang, 4e prix: projet «Fenil»
L’auteur du projet propose différentes stratégies spécifiques afin de marier les besoins actuels de densification à la protection de l’environnement et du patrimoine bâti. Les interventions sont concentrées et réduites au minimum.
La typologie « logis-grange-remise » est transformée en « logis-crèche/accueil extrascolaire-logis ». La typologie du logis est maintenue dans son principe avec le couloir traversant au rez, la cuisine et l’escalier central, l’escalier existant étant maintenu.
Dans la partie grange se trouve la crèche et l’accueil, organisés sur trois niveaux et séparés par l’aire de grange qui est maintenue dans toute sa hauteur. L’étage non isolé sous les combles réunit l’espace de vie des deux programmes. Les ponts de grange servent d’endroit de retraite, de jeux et de circulation uniquement pour les enfants.
Les accès se font par la façade principale et des accès secondaires sont également prévus à l’arrière du bâtiment. L’ancien bûcher est conservé dans sa forme actuelle soit comme galerie extérieure au bénéfice de la communauté.
Le Jury a apprécié la quantité et la qualité des solutions proposées témoignant d’une grande sensibilité de l’auteur du projet et de son respect du patrimoine.
Le Jury a été séduit par la mise en valeur de l’aire de grange, par le maintien de l’ancien bûcher lui reconnaissant ses qualités spatiales, par la conservation intacte de la toiture et de sa charpente visible de l’intérieur, par la préservation de la structure du bâtiment et par le maintien des rares témoins de l’aménagement intérieur tel que l’escalier principal.
Cependant le projet n’est pas convaincant du point de vue fonctionnel. En particulier, l’organisation de la crèche n’est pas envisageable avec les locaux de repos placés au 2ème étage dans le cadre d’une exploitation sans ascenseur. La surface des espaces de vie situés dans la zone chauffée est nettement insuffisante et ne correspond pas au cahier des charges. De plus, l’idée de créer une grande place de jeux sous le toit dans l’esprit du « fenil » est certes louable mais pose des problèmes de surveillance des enfants et ne permet pas de garantir leur sécurité. Il est aussi regrettable que les espaces privilégiés du rez-de-chaussée qui bénéficient du meilleur éclairage naturel soient occupés uniquement par des locaux secondaires. De manière générale, les locaux de la crèche et de l’accueil du 1er et du 2ème étage ont un très faible niveau d’éclairage naturel. La typologie des deux appartements en duplex dans l’annexe n’est pas optimale.
Les espaces extérieurs sont conçus dans le détail et avec beaucoup de soin. La proposition de supprimer le terrain de foot n’est cependant pas réaliste.
Du point de vue des coûts, le projet avec son idée de «réparer-réutiliser-recycler» semble très économique.
5e rang, mention: projet «South Park»
Le projet ne conserve pas l’habitation mitoyenne et l’annexe existante. Il ne préserve que la partie emblématique de la ferme, soit la partie rurale. Il se présente comme un volume fractionné et découpé par des vides retenant la profondeur d’origine du bâtiment et ouvrant des vues transversales. Ce faisant, le projet pose le rural comme un objet unique et particulier, tout en recherchant à reconstituer un ensemble avec une relation précise à la rue et au jardin.
Le jury apprécie une option qui offre une autre interprétation face à la préservation d’un bâtiment protégé tout en ajustant les espaces distincts du programme, la crèche, l’accueil extra-scolaire et les appartements. Toutefois il s’interroge sur la position exacte et le gabarit à attribuer à un tel objet fractionné. En effet, face à la structure bâtie du village, la position des volumes proposés semble arbitraire et les gabarits hors contexte. La protection du bâtiment par le Service des biens culturels s’étend à l’ensemble, habitation et rural formant une entité, en final le projet requiert une dérogation.
La volumétrie même du projet définit des entrées distinctes pour la crèche, l’accueil extra-scolaire et les habitations, tout en ménageant une place d’accueil et un jardin bien orienté vers le nord-ouest et le lac. Les entrées sont de plein pied, proches de la route de Mussillens. Elles sont confortables et faciles à trouver, un escalier mène directement au jardin situé en contrebas.
L’accès aux espaces de repos de la crèche situés au 2° étage se fait par un double escalier le long de la façade. Outre le relatif inconfort de l’exercice, c’est surtout la distribution en plan des locaux qui ne convainc guère le jury, jugée trop contraignante et inadéquate avec le fonctionnement inhérent d’une crèche, tel que la surveillance et l’accessibilité pour des enfants de 0 à 4 ans. L’accueil extra-scolaire, logé sur 3 niveaux, pose également des difficultés d’exploitation et de confort de l’usager. L’organisation des habitations présente des relations complexes et articulées, qui mettent intelligemment en valeur le paysage et préserve un caractère villageois à l’ensemble, qualité relevée par le jury.
Sur le plan structurel de la crèche, le jury regrette la faible correspondance entre les étages. En effet le plancher au niveau du 2 étage reprend l’ensemble des charges de la charpente existante. Le dimensionnement et le nombre d’ouverture interrogent également le jury sur la qualité et l’apport de lumière naturelle. Ce faisant, le projet se pose comme un espace majestueux peu cohérent avec l’usage d’une crèche.
Du fait du développement des façades, le projet demande des moyens importants en coûts de réalisation.